Quand je me suis lancée dans les cours de piano à domicile, j’avais un objectif précis en tête : rendre l’apprentissage du piano et de la musique ludique, peu importe l’âge ou le niveau. Ce que je voulais surtout éviter en tant que professeure de piano, c’était de reproduire un schéma souvent bien connu des musiciens en herbe et de leurs parents : enseigner de manière trop stricte sans essayer de m’intéresser à mes petits élèves.

On apprend mieux en s’amusant
J’ai donc décidé de m’amuser pendant les cours de piano et de solfège et ainsi de transmettre mes connaissances de manière ludique et interactive. Nous nous sommes tous déjà rendu compte que nous apprenions mieux, plus vite et plus efficacement lorsque nous nous amusons.
Pourquoi les jeux et autres quiz à la télévision et sur smartphone fonctionnent-t-ils si bien ? Pourquoi vos formations professionnelles incluent-elles très souvent des mises en situation, des jeux, des concours etc. ? Parce que vous retenez mieux des informations purement théoriques ainsi que si le formateur vous avait simplement donné une feuille à apprendre par cœur.
C’est ce que l’on appelle la « gamification » ou « ludification« .
Il en va de même pour la musique, qui nécessite l’apprentissage de nombreux concepts théoriques et de solfège afin de pouvoir comprendre ce que l’on joue. Même pour l’entraînement entre chaque cours de piano, nécessaire pour bien progresser, j’instaure une notion de jeu et j’essaye d’éviter l’aspect « devoir » ou « travail ».
Cela fonctionne mieux par exemple lorsque je lance un défi à mon jeune élève : « arriveras-tu à me battre la semaine prochaine en jouant ce passage plus vite que moi ? » ou bien « je parie que tu n’es pas capable de jouer ce passage 10 fois d’affilée sans faute au prochain cours de piano ! » Le tout en restant positif et en s’adaptant à la personnalité de chaque élève bien entendu.
L’apprentissage par la pratique
N’oubliez jamais que nous aimons tous tester les choses par nous-mêmes. Quoi de plus énervant en effet qu’un cadeau offert par quelqu’un qui le garde en main en nous disant : « alors, en appuyant ici, tu pourras avoir ça et là, ça sert à ça »… Pendant que nous bouillons d’impatience d’appuyer sur tous les boutons afin de se rendre compte par nous-mêmes de l’effet rendu !
Il en va de même pour les enfants. Donc veillez à ne pas passer trop de temps à expliquer un concept théorique sans aucune interaction avec le jeune apprenti musicien. Vous pouvez par exemple essayer de lui faire comprendre l’importance de la notion que vous allez lui expliquer. Il sera ainsi bien plus attentif à votre explication à suivre et la retiendra certainement mieux. Voici deux exemples récents avec deux de mes petits pianistes :
- Pour expliquer à J., 8 ans, que deux notes en accord côte à côte sur le clavier (par exemple do-ré ou fa-sol), se dessinent collées mais forcément un peu décalées :
« Essaye de dessiner un do et un ré l’un en dessous de l’autre sans que les deux ronds de notes se croisent. Si tu réussis, tu seras le premier sur terre à réussir car c’est impossible ! »
J. a essayé quelques minutes, en vain, et a compris ensuite pourquoi, sur la partition, deux notes dessinées collées mais décalées horizontalement, correspondent forcément à deux touches côte à côte sur son clavier.
- Quand M., 7 ans, m’a demandé pourquoi certaines notes avaient des petits traits en dessus (les lignes supplémentaires) :
« Que se passe-t-il si tu prolonges le petit trait de cette note ? Il est à la même hauteur que le petit trait de cette autre note ! Ce sont donc comme des lignes de portée invisibles que nous dessinons pour les notes concernées. »
M. a ensuite compris que la logique de lecture de notes était la même qu’au sein de la portée : un cran en dessous ou en dessus etc.
Et, en tant que parents, n’hésitez pas à lui faire tester plusieurs sonorités et instruments pour l’éveiller à la musique en général. L’émission Les Maternelles a d’ailleurs consacré une chronique à ce sujet et vous pouvez également lire à ce sujet l’interview d’une gérante d’une boutique de jouets.
S’amuser en cours de piano : bénéfique pour l’élève ET le professeur
J’ai donc réfléchi ainsi et j’en suis arrivée à cette conclusion : mes élèves apprendront mieux et plus vite si j’instaure un climat d’amusement en cours. Et JE m’amuserai plus si mes élèves s’amusent eux-mêmes. Car il n’est pas du tout (mais alors pas du tout) amusant pour les enseignants de faire la police pendant tout un cours : « arrête », « écoute-moi s’il te plaît », « ne tape pas comme un sourd sur les touches », « ce que je t’explique est important »…
Et je vous assure que cela est bien moins fatiguant et bien plus agréable pour moi, en tant que professeure. Les musiciens en herbe sont quant à eux contents de me voir chaque semaine et de faire du piano. Cela étant, nous ne sommes pas des magiciens et il y aura bien évidemment des semaines où, quoi que nous fassions, l’élève sera moins concentré que d’habitude ;). Pour ma part, l’alchimie fonctionne environ 9 fois sur 10.
Donc, arrivée à cette belle double-conclusion « Il faut que mes élèves s’amusent pendant mes cours pour que le cours soit agréable pour nous tous et bénéfique pour eux », est venue la question des moyens. Comment mettre cela en œuvre ? Vous pensez que c’est difficile, voire impossible, quand vous voyez les petits monstres que vous avez chez vous en rentrant le soir 😉 ? Ce n’est pas si sûr, découvrez ici mes astuces et techniques pour rendre les cours de piano amusants.
