Comment rendre les cours de piano ludiques ?

Je me suis lancée dans les cours de piano et solfège à domicile avec une idée précise en tête : rendre l’apprentissage de la musique ludique. Et ainsi montrer aux élèves les plus récalcitrants à l’effort et aux règles strictes que l’on peut apprendre en s’amusant ;).

Mais, une fois cette belle philosophie proclamée, est arrivée la question centrale : comment rendre des cours de piano ludiques ? Alors, que vous soyez les parents d’un musicien en herbe ou un professeur de musique à la recherche de nouvelles solutions pour rythmer vos cours, voici quelques astuces qui fonctionnent très bien dans mes cours.

Sommaire

  1. Retrouver son âme d’enfant
  2. Instaurer des jeux et autres challenges
  3. Créer une relation d’égal à égal
  4. Mettre en place des rituels d’apprentissage
  5. Faire du cours de musique un one-man show interactif
  6. Intégrer les écrans dans les cours de piano
  7. Laisser l’élève pratiquer sur l’instrument

chat sur un piano

Retrouver son âme d’enfant

Vous allez voir qu’instaurer du rythme au sein des cours de piano est en réalité la partie la plus simple je trouve ! Une fois que l’on a compris que les enfants (et les adultes) apprennent mieux en s’amusant, le plus dur est fait. Il suffit de retrouver son âme et son esprit d’enfant, tout en imposant un cadre de jeu au musicien en herbe. En effet, l’idée n’est pas que le cours de musique parte dans tous les sens et il faut se méfier de ces débordements avec les enfants qui souvent ne savent pas s’arrêter ;).

Simplement, mettez-vous à la place de l’enfant et essayez de voir le côté amusant en toute chose, même les notions de solfège ou de rythme par exemple plus difficiles à expliquer.

Instaurer des jeux et autres challenges

Et cela peut passer par des jeux et challenges variés :

  • « Si tu réussis à jouer ça 10 fois d’affilée sans faute, tu es un champion ! » Ou « tu gagnes le méga jackpot » (et bizarrement, mes élèves me demandent rarement ce qu’il y a à gagner, la simple idée de sortir vainqueur du jeu semble les satisfaire pleinement)
  • « Prends ton temps, tu as une seule chance pour trouver la bonne réponse »
  • « Bien joué, tope-là ! »
  • « Ici, tu dois jouer fort, pense à quelqu’un qui t’agace à l’école »
  • « Je parie que tu n’arrives pas à jouer aussi vite que moi, on fait la course ? »

Encore une fois, il s’agit là de quelques exemples. Le plus important à mon sens est de tester des concepts et surtout de ne pas se mettre les limites que l’on s’impose en tant qu’adulte. Autrement dit, n’ayez pas peur d’être ridicule :). Certains jeux vont tomber à l’eau, d’autres vont mieux fonctionner que ce que vous auriez imaginé, le tout est de se laisser porter par l’ambiance et l’envie du moment.

Créer une relation d’égal à égal

N’oubliez pas que le meilleur atout est de parler de pair à pair. Ce qui est à votre avantage puisque vous pourrez ainsi vous comporter comme un enfant et donc être de mauvaise foi, taquin, bavard etc. Devenez aussi agaçant et agité que l’enfant lui-même, vous verrez qu’il se calmera tout seul, voyant que vous réagissez comme lui et non comme un adulte.

« Tu veux me raconter une anecdote de cour de récréation ? Écoute d’abord ce que j’ai à t’expliquer et ensuite je t’écouterai avec plaisir. En attendant, je ne t’écoute pas et je me bouche les oreilles en chantant à tue-tête tant que tu ne m’écoutes pas. La la la. »

« Tu veux taper sur toutes les touches du piano à nous en rendre sourds tous les deux ? Soit, amuse-toi, moi j’en profite pour faire ma sieste. Je ferme les yeux et je dors, je ne fais plus attention à toi. »

J’ai constaté que ce genre de discours ont souvent deux effets bénéfiques auprès de mes petits élèves :

  • Les enfants se calment presque instantanément puisque je n’essaye pas de les arrêter et que je ne fais plus attention à eux
  • Leur attention est détournée sur la professeure en train de faire semblant de dormir ; et si je fais mine de ronfler, ils vont même s’en amuser et repartir du bon pied dans le cours, la récréation désorganisée et bruyante sera terminée.

N’oubliez pas non plus de leur parler d’égal à égal aussi dans les moments positifs. Le cours s’est bien passé ? Racontez-lui à votre tour une anecdote amusante de votre quotidien, en ajoutant un mime ou une photo de la situation. Votre petit élève en sera très content et se sentira avec vous comme avec un copain d’école.

Mettre en place des rituels d’apprentissage

Vous pouvez également instaurer des thématiques et jeux récurrents. Et les enfants vous le réclameront d’eux-mêmes :

« On n’a pas fait ça, aujourd’hui, on a encore le temps ? »

Cela vous permettra de créer un climat de confiance avec des repères, ce qui est essentiel pour un bon apprentissage. Et aussi de créer un peu de frustration pour que le jeune musicien attende le prochain cours avec impatience :

« Mince, nous n’avons plus le temps de voir ça aujourd’hui. Tu as été trop bavard. Si tu papotes moins la semaine prochaine et que tu mets au travail plus vite, nous aurons le temps ! »

Ici, nous rejoignons la partie concernant les jeux et challenges. Il vous faudra peut-être un certain temps avant de trouver des rituels ludiques auxquels les petits élèves accrocheront. Le tout est d’essayer de renouveler sans cesse son répertoire. Donc laissez libre cours à votre imagination !

Faire du cours de musique un one-man show interactif

C’est je crois l’aspect que je préfère dans la « ludification » de l’apprentissage. L’un des meilleurs moyens de faire apprendre quelque chose à un enfant est d’attirer son attention et de susciter son intérêt pour cette chose. Et la manière la plus efficace que j’ai trouvé de casser la monotonie du cours et de réveiller la concentration de mes élèves est de les faire rire :

  • Je prends des voix rigolotes ou un drôle d’accent pour leur dire qu’ils font des fausses notes
  • Lorsque je leur demande de jouer un passage 3 fois d’affilée, je lève 3 doigts et, chaque fois qu’ils jouent les notes correctement, ils peuvent baisser l’un des doigts et je fais un son amusant (« pouet », un bruit de grincement etc.)
  • Je fais semblant d’avoir tout oublié et leur demande de me dire quelle note est telle ou telle, ou bien de m’expliquer tel ou tel élément théorique
  • J’imagine que nous réalisons une interview ou que nous participons à un jeu télévisé :
    « Dépêche-toi, dis-moi quelle est cette note sinon nous allons perdre le jeu, viiiite ! »
    « Vous êtes sur radio stylo, que répondez-vous au public qui vous demande la figure de note de ce ré ? » (dans ce cas, je tends mon stylo comme un micro pour qu’ils puissent répondre).

Et, surtout, lorsque je vois qu’un rôle ou une situation les amuse et les fait avancer dans leur apprentissage, je ne sors pas de mon personnage (même lorsque cela me fait mal aux cordes vocales si je dois forcer ma voix ;)) ! Les enfants ne connaissent pas l’adage « les blagues les plus courtes sont les meilleures ». Donc autant faire durer le plaisir s’ils se concentrent. Et plusieurs de mes élèves me demandent régulièrement de faire ces jeux de rôle : « tu peux faire ton accent russe s’il te plaît ? » « on peut refaire quand tu ne savais plus rien et que je t’expliquais ? »

Ce qui me donne un sacré ascendant puisque je conditionne alors ce jeu à une concentration totale de leur part : « oui, on jouera si tu fais tout ce que je te demande jusqu’à la fin du cours, sinon cela ne vaut pas le coup. »

Intégrer les écrans dans les cours de piano

Alors, à petite dose car je ne suis une grande fan des écrans. Mais, comme les nouvelles générations sont obnubilées par les ordinateurs, smartphones et tablettes, je ruse parfois :

  • Je propose à l’élève quelques minutes d’un jeu de lecture de notes sur mon smartphone à la fin du cours s’il s’est bien concentré
  • Ou quelque chose qui n’a rien à voir :

« Si tu travailles bien pendant le cours, nous écouterons ton morceau sur Internet/je te montrerai une photo de panda (pour ceux qui aiment les pandas ;))/je te montrerai une photo amusante de mes chats. » etc.

Laisser l’élève pratiquer sur l’instrument

Il apparaît évident que nous apprenons mieux en pratiquant directement et en comprenant ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons au fur et à mesure de nos erreurs et de nos réussites. C’est pourquoi je suis partisane d’une pratique immédiate en cours de piano, peu importe l’âge et le niveau.

Les enfants trépignent d’impatience devant le piano et il ne sert à rien de leur expliquer de longues notions théoriques en leur interdisant de toucher au clavier avant d’avoir tout compris. Laissez-les jouer avec les touches, les pédales, vous poser des questions, faire leurs propres expériences. Et expliquez-leur la théorie en parallèle, une fois qu’ils auront touché du doigt un problème ou une limite. En cadrant le tout bien entendu et en s’adaptant à l’âge de l’enfant : un adolescent qui s’amuse à appuyer sur toutes les touches comme un enfant de 5 ans peut être orienté vers un apprentissage par la pratique plus en lien avec son âge ;).

Vous verrez que les élèves posent d’eux-mêmes des questions très pertinentes et alternent naturellement pratique et théorie à leur rythme. Rythme sur lequel vous n’aurez plus qu’à vous caler pour avancer à leurs côtés ;). C’est ainsi que vous parviendrez le mieux à susciter leur intérêt pour la musique et le piano en particulier !

 

⇒ Vous l’aurez donc certainement compris : le principal est de vous amuser et de faire des essais jusqu’à ce que vous trouviez la bonne clef pour chaque musicien en herbe ! Cela peut prendre un peu de temps et il y aura bien sûr des jours moins bons même quand vous aurez trouvé votre rythme de croisière avec l’élève. L’essentiel est que cela fonctionne le plus souvent possible. De mon côté, je dirai que, pour chaque élève avec qui j’ai instauré une bonne dynamique d’apprentissage ludique, cela représente environ 90 % des cours.

Une question ? Une suggestion ? N'hésitez pas à m'en faire part (votre adresse e-mail ne sera pas visible)

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