Il n’est pas simple de savoir par où commencer lorsque l’on souhaite débuter l’apprentissage d’un instrument et de la musique en général. Ni de comprendre comment tout cela fonctionne !
En effet, il ne s’agit pas seulement d’apprendre par cœur toutes les nouvelles notions vues avec votre professeur ni à l’inverse de jouer uniquement à l’oreille ou par mimétisme. Il ne suffit donc pas d’être un élève très studieux… ni d’avoir une (très) bonne oreille !
Voici quelques éléments pour bien comprendre comment l’apprentissage du piano fonctionne.
1. Le cerveau doit créer des automatismes
Comme dans beaucoup de disciplines, il est important de bien comprendre les notions expliquées pendant le cours et de les assimiler intellectuellement. La répétition régulière de ces dernières par le professeur sera donc primordiale à cet égard.
L’élève peut même « réviser » les éléments de théorie en s’exerçant sur ses morceaux : « Il y a deux dièses à l’armure de mon morceau, cela signifie donc que tous les fa et tous les do y seront dièse. »
C’est essentiel… mais pas suffisant malheureusement ! Il faut ensuite que le cerveau crée des automatismes autour de ces nouvelles informations : cela doit devenir comme un réflexe.

C’est un peu comme parler, on ne réfléchit généralement pas consciemment à la structure de sa phrase (« J’ai employé un sujet donc il faut que je mette ensuite un verbe puis un complément d’objet… »).
2. Ces automatismes sont la clef de notre progression au piano
Quand on déchiffre un morceau après quelque temps de pratique du piano, on ne passe presque plus par la case réflexion intellectuelle pour chaque note (« là ce sera le do central car il est entre les deux portées, puis un fa, puis un la car il est entre la 2e et la 3e ligne de la portée en partant du bas… »). Notre cerveau reconnaît de manière automatique les notes, les rythmes etc. On appelle cela la lecture à vue (vous pourrez retrouver cette notion dans les 7 étapes pour déchiffrer une partition).

Ces automatismes se retrouvent donc non seulement en phase de déchiffrage mais également pour les morceaux sur lesquels nous nous entraînons. Au bout d’un certain temps de pratique d’un morceau, ce dernier est joué par automatisme par notre cerveau et nos doigts. C’est ainsi que nous parvenons à nous concentrer sur l’interprétation, l’émotion, les rubato etc.
D’ailleurs, il arrive souvent qu’en plein milieu d’un morceau que nous connaissons sur le bout des doigts, une poussière vienne se mettre dans le rouage de nos automatismes et que nous soyons incapables de reprendre sans presque déchiffrer à nouveau cette partition tant et tant jouée.
Les automatismes créés par notre cerveau sont donc essentiels pour gagner du temps sur les premières étapes de la découverte d’un morceau et ainsi se consacrer à la technique et à l’interprétation que l’on souhaite lui donner. C’est pour cela qu’il est essentiel de s’entraîner régulièrement entre chaque cours de piano 🙂 !
3. Intellect et pratique, le combo gagnant !
Comme je le répète très souvent, le plus important dans l’apprentissage du piano est de s’exercer régulièrement entre chaque séance avec votre professeur. Il faut que l’élève, peu importe son âge, ait un moment dédié, quotidiennement de préférence, à son entraînement. Il ne s’agit pas forcément de rester très longtemps au piano et 5 ou 10 minutes par jour peuvent amplement suffire lorsque l’on débute le piano (vous pouvez lire l’article dédié Comment bien progresser dans l’apprentissage du piano ?).

C’est ce qui va permettre au cerveau de « digérer » les informations théoriques acquises intellectuellement et des les transformer en véritables automatismes auxquels on ne pensera progressivement plus consciemment : les doigtés, les notes, les rythmes, les indications diverses du compositeur…
Si l’on adopte un point de vue plus précis, pour un morceau donné, la pratique va vous permettre de passer les passages qui vous posent problème et de rendre votre interprétation fluide et cohérente (vous pouvez lire Les 6 étapes pour s’entraîner efficacement entre chaque cours de piano).
4. Une bonne oreille musicale pourra aider
Il existe certes des génies de la musique qui trouvent naturellement leurs marques sur un piano sans même savoir lire la musique et qui peuvent se débrouiller sans apprendre à lire une note.
Mais soyons réalistes, nous ne sommes pas tous Elton John… Et prenons en compte par ailleurs que tous les grands compositeurs classiques, même les plus géniaux, ont appris la musique au travers des partitions. Par exemple Mozart, malgré son oreille absolue et son talent qui ne se dément toujours pas.

Mais s’il n’est pas judicieux, pour progresser efficacement, d’apprendre à jouer du piano uniquement à l’oreille et par mimétisme, cela ne veut pas dire qu’avoir une bonne oreille ne peut pas aider, bien au contraire !
Que l’on ait naturellement une bonne oreille ou non, il est essentiel de la faire travailler afin de la développer au maximum. C’est pourquoi, au conservatoire, nous avons des cours d’écoute et de reconnaissance musicale. Cela permet par exemple de distinguer les différences de tonalités, les hauteurs des sons, les instruments, les styles de musique, voire les compositeurs.
Et c’est important pour développer une vraie culture musicale et pour progresser encore plus vite au piano. Par exemple, si l’on entraîne son oreille à prêter attention aux tonalités, on pourra entendre une modulation au sein d’un morceau et notre cerveau anticipera plus facilement une cadence conclusive à la fin de la partie.
Maintenant que vous avez compris comment fonctionne l’apprentissage du piano, pourquoi ne pas vous y mettre 🙂 ?
