Y a-t-il un bon âge pour débuter l’apprentissage du piano ?

Oui… et non ! Au-delà de cette réponse pour le moins ambivalente, il est important de bien comprendre qu’un enfant aura certes plus de facilités à progresser vite et à ancrer de nouveaux mécanismes dans son cerveau qu’une personne de 70 ans, mais que la volonté et l’état d’esprit de l’élève restent les éléments-clefs pour l’apprentissage du piano et de la musique en général.

1. Les enfants comprendront plus vite la logique de l’instrument

Les enfants ont une curiosité débordante pour toutes les choses qui les entourent, déjà parce qu’elles sont souvent nouvelles pour eux et ensuite parce qu’ils sont dans une dynamique d’apprentissage de par la nature même de l’être humain et de par l’environnement éducatif.

En effet, l’être humain est appelé instinctivement à découvrir et à comprendre son environnement et le système scolaire dans lequel il entre très jeune le pousse encore plus dans cette direction.

Les enfants ont donc la capacité cognitive à acquérir de nouvelles connaissances tout au long du développement de leur cerveau.

enfant

Par ailleurs, leur cerveau n’a pas encore intégré des idées et principes fixes que peuvent parfois ralentir la compréhension de certains nouveaux éléments qui semblent aller à l’encontre de notre logique.

C’est pour cela que les enfants comprendront plus instinctivement la logique de la musique en général et du piano en particulier. Par exemple, un enfant comprendra plus rapidement la distinction et la continuité entre la clé de sol et la de fa : ce sont deux langages distincts qui reposent sur les mêmes codes et qui sont dans le prolongement l’un de l’autre. Un adulte aura souvent plus de difficultés à ôter certaines barrières ancrées dans son cerveau afin de pouvoir envisager cette logique nouvelle et un peu déroutante.

2. Être dans un état d’esprit d’apprentissage compte !

Une fois cette distinction faite entre le cerveau en plein apprentissage de l’enfant et celui plus stabilisé – et donc théoriquement moins ouvert à l’apprentissage – de l’adulte, il faut envisager d’autres facteurs.

Notamment celui de l’état d’esprit dans lequel on se trouve : si l’on commence le piano à 55 ans mais après avoir mûri le projet pendant 40 ans et avec la ferme intention de s’y mettre sérieusement afin de pouvoir se faire plaisir rapidement, on a toutes les chances d’y parvenir.

A contrario, un enfant qui prend des cours de piano depuis 5 ans pour faire plaisir à ses parents alors que ce qui lui plairait vraiment ce serait de faire du dessin, s’exercera moins et progressera certainement moins rapidement ; il est également probable qu’il abandonne son instrument dès que ses parents le pousseront moins.

L’âge auquel on débute l’apprentissage d’un instrument importe donc peut-être tout autant que l’état d’esprit dans lequel on se trouve : un état d’esprit d’apprentissage actif et volontaire, ou bien un état d’esprit plus passif.

Ainsi l’une de mes élèves, qui a commencé le piano à quelques années de la retraite, a en une seule année fait des progrès impressionnants dûs à son abnégation et à son application à s’entraîner régulièrement entre chaque cours.

En tous les cas, il est essentiel d’avoir un instrument à disposition avant de se lancer dans l’apprentissage du piano (voir l’article Les cours de piano vont démarrer… mais je n’ai pas d’instrument ! Comment faire ?).

3. Se fixer des objectifs réalisables

Nous avons parlé dans les deux premières parties du point de départ de l’apprentissage (l’âge et l’état d’esprit dans lequel on se trouve). Un autre facteur à prendre en considération est le point d’arrivée ou plutôt l’horizon.

Quand on commence un apprentissage enfant, on se fixe rarement des objectifs précis puisque le monde entier s’offre à nous et que la notion de limites, de blocages, d’impossibilités entre rarement en ligne de compte.

Lorsque l’on a grandi et que l’on a une expérience plus approfondie de la vie, on comprend que la gestion du quotidien prend du temps, que nos capacités ne sont pas illimitées et qu’il faut savoir se fixer des priorités et des objectifs. Et le faire de manière raisonnable bien sûr ! Mieux vaut éviter de se dire en débutant le piano : « Je veux jouer une étude de Chopin dans six mois ! ». Car nul doute que cet objectif sera trop ambitieux, tout du moins dans un premier temps.

L’idée n’est pas de se limiter, de se résigner ni se brider mais bien de se fixer des paliers avec des objectifs envisageables : « J’adore la Sonate au Clair de Lune de Beethoven, j’aimerais pouvoir jouer le premier mouvement d’ici un an ou deux ! ».

objectifs

Ce qui est également important est de se fixer des objectifs en lien avec ses loisirs plutôt qu’avec une volonté de performance pour la performance :

« J’adore cette chanson, si seulement je pouvais apprendre la partition pour m’accompagner en chantant ! » sera plus réaliste et positif que « Cette chanson plaît à tout le monde, si je l’apprends je pourrais frimer en soirée ! ».

4. Accepter ses limites

Enfin, le dernier facteur à prendre en compte et qui fait le lien avec les autres, est que nous sommes tous différents face à la nouveauté et à l’apprentissage. Il est donc important de connaître et de comprendre ses limites intellectuelles, physiques, temporelles. C’est essentiel pour ne pas se décourager et progresser au mieux et au plus vite selon ses capacités et ses envies.

Par exemple, si l’on a très envie de se mettre sérieusement à l’apprentissage du piano mais que l’on a 4 enfants en bas âge et un emploi très prenant, mieux vaut débuter les cours avec des objectifs réalistes (que vous aidera à fixer votre professeur) et progresser lentement mais sûrement, que de vouloir atteindre la Lune en six mois puis se décourager par manque de temps.

Par exemple, vous adorez telle chanson qui paraît un peu difficile à jouer pour débuter. Ne vous entêtez pas à vouloir la déchiffrer à tout prix immédiatement, faites confiance à votre professeur et commencez par les morceaux qu’il vous conseille même s’ils ne vous plaisent pas autant.

Laissez-vous le temps de démarrer et de progresser avant de pouvoir attaquer votre morceau fétiche au bout de quelques mois. Vous verrez que l’issue sera bien plus positive et gratifiante pour vous !

Alors, qu’attendez-vous pour vous mettre au piano 😉 ? Si vous hésitez encore, vous pouvez lire l’article 6 bonnes raisons de jouer du piano.

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