En parallèle de l’instauration d’un climat ludique au sein de mes cours de piano pour que mes élèves et moi-même nous amusions tout en allant de l’avant, j’ai essayé de développer un autre aspect. Il s’agit de l’adaptation à la personnalité de chacun de mes petits élèves. Pour créer une connivence avec eux et ainsi un climat de confiance lors des leçons.
Il n’est pas simple de trouver le bon ton en fonction de leur âge, leur ressenti, leur humour, leurs parents etc. J’ai donc trouvé essentiel d’établir une cartographie précise de la personnalité de chaque enfant afin de comprendre comment communiquer au mieux avec eux.
Taquiner les petits pianistes sûrs d’eux
Par exemple, certains enfants sont plutôt naturellement sûrs et fiers d’eux :
« J’ai bien réussi à jouer ce passage, dis donc ! C’est plutôt bien ce que j’ai fait. »
Dans ce cas-là, je vais plutôt aller vers la taquinerie douce et tester leur humour. S’ils comprennent le décalage de ton, je peux alors me moquer gentiment d’eux et de leur assurance afin de les pousser à aller plus loin. Tout en les encourageant régulièrement lorsque cela est (vraiment) mérité.
« Non mais c’est moi qui distribue les bons points ! Certes, tu n’as pas mal joué le passage. Mais si tu t’entraînais plus régulièrement, ce serait parfait ;). »
Encourager les élèves ayant moins confiance en eux
Par contre, avec les enfants qui manquent de confiance en eux et/ou sont plus timides, je n’use pas des mêmes stratagèmes pour créer de la connivence. J’instaure une dynamique faite d’encouragements, de jeux et de complicité simple pour les mettre en confiance. Il est alors plus important de souligner systématiquement ce qui est bien fait avant de mettre en exergue les points d’amélioration.

Souvent, le petit élève se détend au bout de quelque temps. Et il n’est alors plus nécessaire de prendre des pincettes constamment. Mais il faut continuer à l’encourager régulièrement. Quoi qu’il en soit, l’humour est un mode de communication très efficace.
L’humour au cœur des cours de piano
C’est une technique avérée dans de nombreux domaines : le commerce, la séduction, l’amitié, le spectacle etc. J’aime pour ma part beaucoup plaisanter au second degré avec mes élèves, quel que soit leur âge et leur niveau. Certains enfants ont naturellement beaucoup d’humour et comprennent bien le décalage de ton. D’autres sont plus terre à terre. Mais ce qui est certain, c’est que l’humour fonctionne toujours pour instaurer un climat de confiance pendant le cours.
Si vous avez du mal à établir un lien durable avec un élève, je vous conseille donc de tester l’humour du musicien en herbe en fonction de sa personnalité et de votre humour bien entendu. Cela peut prendre quelques semaines mais au bout du compte, tout le monde sera gagnant : vous n’aurez plus besoin de développer des trésors d’imagination chaque semaine pour conserver son attention ni de le réprimander sans arrêt pour son manque de concentration (dans ce dernier cas, 30 minutes c’est très long !).
Montrer sa propre personnalité
Il ne faut pas hésiter à se mettre à se mettre à nu devant les petits élèves en osant dévoiler sa propre personnalité. C’est ainsi qu’une réelle connivence pourra se créer. Ils sauront que vous leur dites la vérité, que vous leur parlez d’égal à égal et vous considéreront comme un allié et non comme un adulte qui leur impose un cadre strict.
Cela passe par exemple par une mise en danger en tant que professeur mais il est bon d’écorner l’image austère et parfaite de l’autorité enseignante. Vous pouvez par exemple montrer les difficultés que vous avez quand vous déchiffrez un morceau très difficile, mettre en avant les fausses notes que vous faites, rire de vos erreurs, chanter exagérément, se moquer de soi-même.
Intégrer les parents dans l’apprentissage
Un autre élément qui permet de créer une belle connivence avec un jeune pianiste est d’intégrer ses parents ou ses proches dans la boucle de l’apprentissage. Cela fonctionnera d’autant mieux que les parents seront dans les parages pendant le cours de piano chaque semaine et déjà impliqués dans l’observation des progrès musicaux de leurs enfants :
« Tiens, tes parents viennent de rentrer du travail, tu leur montres ce que tu as appris pendant qu’ils posent leurs affaires ? »
C’est vraiment très efficace jusqu’à l’adolescence car les enfants ont envie de montrer ce qu’ils ont appris, de faire plaisir à leurs parents, de les rendre fiers. Et cela inclura les parents dans votre relation avec le petit élève.
