Inventé par André Borel (1915-1988) dans les années 1930, et breveté dans les années 40, l’accordina est aussi appelé « accordéon à bouche » ou « harmonica à boutons », et pour cause, comme l’accordéon ou l’harmonica (mais aussi l’harmonium), l’accordina est un instrument à vent et à anches libres.
Découvrez cet instrument si particulier aux sonorités très jazz.
Le fonctionnement de l’accordina
L’accordina, en tant qu’instrument de musique à vent et à anches libres se compose d’un clavier droit d’accordéon comportant 44 notes et couvrant 3 octaves et demi. L’analogie avec le fonctionnement de cet instrument s’arrête là (en quelque sorte) puisque l’accordina est dépourvu de soufflet, le vent destiné à faire vibrer les anches libres devant être produit par le souffle du musicien. Les deux volets latéraux de l’instrument permette à celui qui en joue de moduler les sons.

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L’histoire de l’accordina
On sait assez peu de choses sur cet instrument passionnant mais dont le succès commercial et artistique fut mitigé. Il retint tout de même l’attention de quelques accordéonistes renommés qui apprécient ses sonorités « jazzy » : Lionel Surez, Marcel Loeffler ou Richard Galliano par exemple.
Des débuts difficiles
C’est vraisemblablement en 1943 qu’André Borel, mécanicien et accordéoniste de bal aurait breveté pour la première fois un modèle de cet instrument singulier (mais on trouve un autre brevet, plus certain celui-là pour l’accordina, daté du 15 février 1949). Suivront plusieurs modèles dont une version assez aboutie en 1947 mesurant 28 cm de long, 7 cm de large et 6 cm de hauteur et pesant environ 700 grammes.
Borel tente ensuite de commercialiser lui-même son invention mais c’est un cuisant échec commercial qui l’oblige à vendre sa voiture et sa maison tandis que sa société est dissoute en 1954. L’avenir semble donc particulièrement noir pour le petit instrument mais son ami, l’accordéoniste suisse Frédo Gardoni vient tirer Borel de l’ornière.
L’association avec les établissements parisiens Beuscher
Il lui présente le directeur des établissements Beuscher, éditeur musical et fabricant d’instruments de musique parisien de renom.
Borel et Beuscher décident alors de s’associer pour commercialiser l’accordina qui sera vanté comme « le complément indispensable de l’accordéon » et « à la portée de tous les accordéonistes en quelques minutes ». Cette approche publicitaire lui vaut un certain succès mais peut-être l’a-t-elle aussi limiter à n’être perçu que comme un « instrument de complément » pour accordéoniste.
Le partenariat Borel-Beuscher dure jusqu’aux années 70 qui marquent la fin de la production d’accordinas.
Durant les deux décennies de sa première vie commerciale, l’instrument aura bénéficié de quelques innovations : en 1959, le bec s’allonge et devient en plastique, remplaçant celui en métal qui était directement soudé sous le porte-vent (tuyau d’un instrument à vent amenant l’air soufflé). Le laiton des anches libres est ensuite remplacé par des anches en inox.
Histoire récente de l’accordina
En 1995, le facteur Laurent Jarry relance la production d’accordinas avec un modèle à 37 boutons. Il est suivi dès 2000 par Marcel Dreux, dont le modèle est aux dimensions et au poids plus élevés et possédant 44 boutons. En 2011, Joseph Carrel se consacre exclusivement à la fabrique d’accordinas avec des modèles de 44 touches.
Ci-dessus, des musiciens interprètent Spleen, qu’on doit à l’accordéoniste français Richard Galliano. Mario Fantauzzi est à l’accordina (de marque Joseph Carrel).
Note : on doit à André Borel d’autres instruments innovants :
- Le clavietta, variante de l’accordina pourvue de touches de piano
- L’accordéonorgue (prototype) : orgue équipé d’une soufflerie électrique, de anches libres et de tuyaux d’orgue, dont le musicien joue au moyen d’un clavier d’accordéon chromatique).
Où acheter un accordina
Au moment où est rédigé cet article, on ne trouve pas d’accordinas en vente dans les grandes enseignes de vente d’instruments de musique comme Thomann ou Woodbrass.
Par conséquent, si vous souhaitez vous procurer cet instrument, vous pouvez vous adresser aux facteurs Laurent Jarry, Marcel Dreux ou Joseph Carrel. Notez qu’il vous en coûtera, pour un accordina neuf de marque Jarry ou Dreux, au moins 1500 €. Vous pourrez en revanche acquérir un accordina de marque Joseph Carrel pour 1000 €.
Comment joindre le facteur Laurent Jarry
Pour contacter la facture d’accordinas de Laurent Jarry, voici les coordonnées utiles :
- Adresse : 8, rue du Sergent Bobillot 93100 MONTREUIL
- Numéro de téléphone : +33 (0) 48 58 63 97
- Site Internet : https://www.accordina.com/fr/
- Formulaire de contact
La facture propose des modèles en bois de noyer, cerisier, pommier ou encore if.
Comment joindre le facteur Marcel Dreux
Voici comment contacter la facture d’accordinas de Marcel Dreux :
- Adresse : Les Brimbelles, 1350 Côte d’Aulas, 30120 LE VIGAN
- Adresse e-mail : accordinas@free.fr
- Numéro de téléphone : +33 6 32 41 00 15
- Site Internet : https://www.accordinas.com
- Formulaire de contact
Cette enseigne propose des modèles d’accordinas à la location de courte et longue durée (moins ou plus de 3 mois), avec option d’achat et bien sûr des accordinas à la vente : différents modèles A04 mais aussi, notamment, des répliques d’accordinas Borel.
Comment joindre Joseph Carrel, facteur spécialisé dans les accordinas
Pour joindre le facteur d’accordinas charentais Joseph Carrel, voici les coordonnées utiles :
- Adresse : Ets Carrel joseph
Facteur d’accordina
4 L’odérée 17430 BORDS - Adresse e-mail : carrel.j@gmail.com
- Numéro de téléphone : +33 0517256471
- Site Internet : https://www.josephcarrel.com
- Formulaire de contact en bas de la page d’accueil du site
Joseph Carrel propose des instruments fabriqués sur demande (avec des délais de fabrication d’environ 3 mois et pour lesquels (parfois moyennant un coût supplémentaire) il est possible de choisir le type de clavier (italien ou russe), les boutons repérés (do et/ou fa), la finition et l’accordage (440 Hz ou 441 Hz).
