Jouer du piano est une tâche exigeante qui nécessite un minimum de patience et d’abnégation. Pour autant, je défends la thèse qu’il est à la portée de tout le monde d’acquérir un bon niveau de piano, quoi qu’en pensent certains. C’est pour cette raison que j’ai décidé de compiler dans cet article 5 des fausses excuses que j’ai couramment entendues !

1. Le manque de temps m’empêche de jouer du piano
Si vous faites partie des gens devant composer avec un emploi du temps débordant, cet argument peut, de prime abord, s’entendre. Ceci étant, à bien y regarder, êtes-vous certain que tout ce qui occupe votre temps est plus utile ou intéressant que de jouer du piano ? Il est possible qu’il se trouve dans votre planning journalier des occupations « faute de mieux » que quelques instants derrière un clavier remplaceraient avantageusement. Dans cette optique, sachez qu’il est avéré que 15 minutes par jour seulement à pratiquer le piano vous permettront de progresser, à condition qu’elles soient effectivement quotidiennes.
Les professeurs de piano (et les professeurs en général) s’accordent à dire que le cerveau est ainsi fait qu’on apprend bien mieux avec une pratique plutôt brève mais régulière du piano plutôt qu’avec de longues heures consécutives d’entraînement. Autrement dit, il est préférable de pratiquer chaque jour 10 à 30 minutes de piano plutôt que 3 ou 4 heures à la suite chaque dimanche.
2. Je n’ai pas la fibre musicale
Beaucoup de gens pensent que l’apprentissage de la musique est au-delà de leurs capacités, que c’est réservé à une élite. Ils croient ne jamais pouvoir atteindre ce monde inaccessible. Et les raisons qu’ils ont de penser cela sont multiples :
- Ils n’ont jamais étudié la musique donc ils n’y comprennent rien
- Ils pensent ne pas avoir l’oreille musicale
- Ils supposent qu’il faut des prédispositions spécifiques pour jouer d’un instrument
- …
Sachez qu’en musique, 95 % de la progression réside dans la pratique, l’entraînement et la sueur que vous ferez couler sur votre piano ;). Blague à part, je ne nie pas que certains musiciens possèdent des facilités à comprendre tel ou tel concept musical. Ni que vous ayez dans votre entourage quelqu’un qui, n’ayant jamais pris de cours de musique, puisse reproduire à l’oreille une mélodie sur votre piano. Cela étant, aussi impressionnant que cela puisse être, on n’appellera jamais cela « savoir jouer du piano ».
Si vous estimez ne pas avoir l’oreille ou la fibre musicale et que cela constitue un obstacle insurmontable pour la pratique du piano, j’aimerais vous dire deux choses :
- Peut-être avez-vous l’oreille musicale sans le savoir
- Avoir l’oreille musicale se travaille
- Ce qui compte en musique, c’est de pratiquer régulièrement et judicieusement.
3. Je suis trop vieux pour me mettre au piano
Il n’est pas question de sport ici. Certains de mes élèves se sont mis ou remis au piano pour occuper leur retraite et ont beaucoup progressé depuis. Autrement dit, l’âge n’a pas fait obstacle à l’amélioration de leur technique pianistique. En outre, l’idée selon laquelle l’âge condamnerait le cerveau à un dépérissement inéluctable et spectaculaire est largement battue en brèche par les dernières recherche en la matière. On a ainsi découvert récemment que l’homme produisait de nouveaux neurones tout au long de sa vie.
On peut également citer les travaux dirigés par Ana Ines Ansaldo, chercheuse en psychologie à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (Canada). Ceux-ci portent sur l’apprentissage d’une langue étrangère et ont démontré qu’après avoir demandé d’apprendre cent mots espagnols à deux groupes non-hispanophones, l’un composé de jeunes adultes, l’autre de « seniors » d’au moins 65 ans, les résultats obtenus étaient… similaires !
Songez aussi que, s’il n’y a pas d’âge pour apprendre, il est aussi intéressant de savoir que l’apprentissage fait rajeunir le cerveau ! Autrement dit, vous mettre au piano à un âge « avancé » est un excellent moyen de limiter un éventuel déclin cognitif !
4. Je ne sais pas par où commencer le piano
C’est certes une vraie raison, mais pas une bonne excuse pour ne pas se mettre au piano. Je vous accorde qu’il est difficile de s’y retrouver parmi les dizaines (centaines ?) de méthodes en version papier, sur Internet, sous forme d’applications, etc. On s’y perd vite et on ne sait plus où donner de la tête. Voici mes conseils pour ne pas vous perdre dans votre quête d’apprentissage du piano :
- Demandez conseil
=> À des amis, aux vendeurs des magasins de musique, regardez les avis sur Internet - Étudiez les différentes options qui s’offrent à vous en fonction de votre budget et de vos envies MAIS ne passez pas des mois à réfléchir au meilleur chemin à emprunter
=> Il faut se lancer sinon vous ne commencerez jamais - Fixez-vous sur une ou deux méthodes à la fois au maximum
=> Par exemple une méthode achetée chez le libraire et une méthode sur Internet - Laissez le temps à chaque méthode de faire ses preuves (ou non), vous n’apprendrez pas à jouer du piano en deux semaines
=> Testez sérieusement chaque méthode au moins 6 mois - Ne dépensez pas des sommes folles dans des méthodes d’apprentissage « magiques » qui fleurissent sur Internet
=> Pas plus de 300 €, et encore, regardez bien ce qu’il y a dedans.
Selon moi, une bonne méthode doit comporter :
- De la pratique, tout de suite : il faut se lancer, c’est comme cela qu’on apprend le mieux
- Des explications théoriques : vous n’aimez pas ça, je le sais, mais c’est essentiel pour apprendre à jouer du piano 🙂
- Des exercices et explications techniques : comment placer ses doigts, comment choisir ses doigtés, comment travailler ses morceaux, etc.
- Des partitions de niveaux divers pour bien progresser et avoir de quoi s’entraîner.
Je vous conseille également de regarder ma série d’articles à ce sujet pour vous r(e)mettre au piano sereinement : GUIDE – Se (re)mettre au piano : par quoi, par où (re)commencer ?
5. Le piano, c’est trop cher
On peut trouver à y redire car l’achat d’un instrument reste une dépense conséquente. Mais il demeure que le développement du numérique a largement démocratisé la pratique du piano. Vous pourrez trouver des claviers de qualité correcte à bonne pour moins de 350 € ou autour de 500 €. Mais si vous le pouvez, je vous conseille de regarder du côté des pianos autour de 1000 € et 2000 € car, avec les progrès des technologies numériques, vous aurez accès à des pianos de très bonne qualité.
Et si vous hésitez et que vous vous dites « je vais déjà m’acheter ça pour voir si le piano ça me plaît », sachez que c’est un mauvais calcul. Car il vaut mieux dépenser quelques centaines d’euros supplémentaires la première fois et être tranquille pendant 5 ou 10 ans, vous vous y retrouverez financièrement !
Voilà, donc vous n’avez plus de fausses excuses pour vous mettre ou vous remettre au piano 🙂 ! Et n’hésitez pas à me partager en commentaire ci-dessous ↓ les excuses que vous entendez autour de vous ou que vous utilisez vous-même pour ne pas vous lancer dans un projet !
