Idée reçue : le piano, c’est trop difficile pour moi !

C’est une phrase que j’entends (trop) souvent mais c’est faux et archi-faux ! Cela ne veut rien dire ! La « fibre musicale », les « prédispositions » existent dans une certaine mesure mais ne font en rien le talent des pianistes : un musicien qui comprend vite mais qui ne travaille pas n’arrivera pas à grand-chose. Tandis que celui qui met plus de temps à appréhender la musique mais s’exerce régulièrement et ne se démotive pas jouera de magnifiques morceaux !

Il est vrai que toutes les vidéos que l’on voit sur Internet et les réseaux sociaux ne vont pas dans ce sens puisque tout le monde prétend avoir trouver la méthode magique pour apprendre à jouer parfaitement du piano en deux heures (je caricature bien sûr ;)). Preuve à l’appui en se filmant en train de jouer de beaux morceaux. Ce qui peut être très déprimant pour les spectateurs, quel que soit leur niveau. Attention, je ne dénigre pas ces musiciens, je dis simplement qu’il existe différents types de pianistes (et donc de personnes). Et que l’apprentissage du piano est un mécanisme complexe et continu.

femme piano

Les différents types de pianistes

Les pianistes « petits malins »

Ce sont les mêmes que ceux que l’on connaissait à l’école : ils vont apprendre quelques morceaux parfaitement afin de pouvoir éblouir leurs amis, les voyageurs qui attendent en gare etc. Ils connaissent parfaitement leurs quelques partitions mais ne vous laissez pas impressionner, cela ne veut pas dire qu’ils connaissent la musique ni même qu’ils savent la lire. Et généralement, ils ont appris avec des tutoriels YouTube en jouant par mimétisme. Intéressant pour apprendre quelques chansons mais pas vraiment pour apprendre à jouer vraiment du piano. Encore une fois, cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas bons… dans leur domaine ;).

Les pianistes « artistes »

Ils vont passer des heures à tester les touches, les sonorités, à écouter leur piano. Ils vont donc développer leur oreille et acquérir au fur et à mesure de réelles compétences pour l’improvisation et la reconnaissance auditive des notes. C’est une pratique très intéressante et qui peut s’apprendre à tout âge et tout niveau, pas d’inquiétude !

Cela étant, ces musiciens vont rester enfermés dans un univers peu cadré où savoir lire les notes ni connaître la théorie musicale n’est requis. Je ne dis pas qu’il est nécessaire d’apprendre par cœur le Danhauser (la bible des connaissances théoriques en solfège) mais si les pianistes de toutes les époques se sont efforcés de théoriser la musique et de consigner ces règles par écrit, je vous assure qu’il y a une raison ;).

Les pianistes « studieux »

Il s’agit de ceux qui ont toujours bien travaillé à l’école : ils vont s’acharner à travailler leur piano, à retenir les conseils de leur professeur et s’entraîner régulièrement. C’est à mon sens la pratique la plus pertinente car elle développe la technique des doigts, les connaissances théoriques et permet d’apprendre de nombreux morceaux et de pouvoir être autonome devant une partition (c’est-à-dire que vous pouvez jouer à peu près n’importe quoi). Le seul bémol de ces pianistes réside dans leur approche parfois trop scolaire. Mais cela se rattrape à tout âge contrairement aux autres types de pianistes qui auront plus de difficultés à sortir de leur catégorie.

« Studieux » et « artiste » au piano : progression au rendez-vous

La meilleure combinaison pour bien progresser au piano d’après mon expérience est :

  • 80 % de « studieux »
  • 20 % d' »artiste ».

En effet, pour apprendre à jouer d’un instrument, vous ne pourrez pas être autre chose que studieux la plupart du temps : sans effort, vous ne parviendrez pas à grand-chose et ne progresserez malheureusement pas. C’est d’ailleurs pour cela que la musique est un apprentissage intéressant pour les personnes surdouées : elles se rendent compte des limites du cerveau. Elles peuvent en effet parfaitement comprendre en théorie de quoi il retourne mais devront s’exercer comme tout le monde afin que le cerveau acquiert certaines automatismes et les transmette aux doigts.

Le pianiste « studieux » acquerra donc les bons automatismes et apprendra à lire les partitions « à vue », c’est-à-dire sans réfléchir consciemment à chaque note : « C’est un do puis un ré puis un do# ». Comme quand vous lisez un texte et que votre cerveau forme de lui-même les mots sans déchiffrer lettre par lettre : « C’est un A puis un M… »

Une fois ces bases établies, le musicien « studieux » pourra développer en parallèle son côté artistique, idéalement avec son professeur, en apprenant les différents accords, leurs significations, leurs variantes, leurs rapports aux gammes, les modes majeur et mineur, les modulations et enfin l’improvisation. De quoi obtenir la combinaison parfaite pour un bon apprentissage musical et pianistique !

Apprendre le piano : un mécanisme complexe

Jouer d’un instrument est assez difficile à expliquer à des personnes non musiciennes. Je vais pourtant essayer, car l’apprentissage du piano repose sur différents éléments :

  • La compréhension des notions théoriques élémentaires ou plus poussées en fonction des partitions qui vous intéressent : ce que l’on appelle plus communément solfège ou formation musicale
  • L’agilité des doigts des deux mains afin de pouvoir suivre techniquement les notes du morceau : le piano, c’est aussi du sport et certains morceaux sont difficiles techniquement et physiquement
  • La coordination des deux mains afin qu’elles puissent jouer leurs parties respectives de manière distincte
  • L’acquisition d’automatismes qui vont permettre de pouvoir se concentrer sur les difficultés du morceau et sur l’interprétation : c’est la sensation que vous pouvez avoir sur certains morceaux que vous avez beaucoup joués, quand vos doigts partent tout seuls (sensation grisante mais un peu angoissante car on se sent « sans filet »).

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