Déchiffrer une partition : les bonnes pratiques

Que vous soyez un pianiste novice ou plus expérimenté, il est essentiel d’avoir une bonne routine d’entraînement et d’apprentissage afin de continuer à progresser toute votre vie.

Et cela passe par une certaine rigueur dans la lecture d’une nouvelle partition. Eh non, les pianistes ne s’asseyent pas immédiatement sur leur banquette de piano pour y déchiffrer sans accroc n’importe quel morceau ;).

Ils passent généralement par une phase préparatoire plus classique mais nécessaire afin de gagner du temps par la suite.

Découvrez le manuel pratique sur les doigtés

1re étape : déchiffrez les notes

Déchiffrage des notes

C’est ce que je vous conseille de faire en tout premier. Ce n’est pas forcément le plus académique et certains diront qu’il vaut mieux commencer par la deuxième étape.

Faites comme vous l’entendez bien sûr, je vous donne ici une méthode qui fonctionne très bien pour mes élèves et moi-même mais qui n’est pas universelle ;).

Installez-vous au piano et déchiffrer les notes en prenant le temps de bien les repérer sur la partition et sur votre clavier.

Pour les débutants, vous pouvez noter le nom de quelques notes en toutes lettres si elles vous paraissent vraiment compliquées (par exemple, les notes sur les lignes de portée supplémentaires).

Mais n’en abusez pas car c’est une fausse bonne idée, je vous l’assure !

2e étape : analysez la partition

Analyse de la partition

Pour cette 2e étape, nul besoin de vous mettre au piano, je vous conseille plutôt de prendre quelques fournitures de bureau et de vous installer sur une table.

Prenez le temps de regarder votre partition du début à la fin et repérez tout ce qu’il y a de remarquable en fonction de votre niveau pianistique et théorique.

Si vous êtes un pianiste débutant

Si vous débutez votre apprentissage du piano, cette étape va principalement consister à déchiffrer les notes et décoder les annotations théoriques afin de lire la partition correctement :

  • Regardez si des altérations accidentelles (des dièses ou bémols dans une mesure) ne se cachent pas dans la partition
  • Analysez le chiffrage de la mesure au tout début de la partition
  • Étudiez le rythme des notes, c’est-à-dire leur durée, et leur répartition dans chaque mesure
  • Notez les pulsations, c’est-à-dire l’endroit où tombe chaque temps, dans toutes les mesures où cela est nécessaire
  • Identifiez tous les symboles et autres annotations qui ne vous sont pas familiers et demandez ensuite à votre professeur de vous éclairer ; vous pouvez sinon regarder dans un manuel de théorie musicale, c’est souvent particulièrement bien expliqué
  • Observez les doigtés éventuellement indiqués
  • Repérez les éventuelles indications de tempo, nuancesphraséaccentuation etc.

Tous ces éléments doivent être mis en avant sur votre partition. Votre partition doit vivre, elle ne doit pas rester toute propre, cela ne sert à rien, écrivez-y tout ce qui vous aidera à bien la déchiffrer :).

Par exemple :

  • Repassez en plus gros sur les doigtés indiqués
  • Entourez les indications de nuances/tempo
  • Notez les pulsations dans chaque mesure.

Mais ce qu’il faut absolument éviter, c’est d’écrire en toutes lettres le nom de toutes les notes (ou 90 %) de votre partition ;). Je vous assure que cela va vous compliquer la tâche plus qu’autre chose.

Car votre cerveau va devoir intégrer un nouveau paramètre dans son déchiffrage : la lecture en toutes lettres. Avec les notes, le rythme, les doigtés, les altérations etc., cela devient très vite compliqué de s’y retrouver.

Mieux vaut se retrousser les manches et souffrir en déchiffrage de notes pendant quelques semaines (oui, je sais que c’est dur). Vous serez rapidement à l’aise avec la lecture des notes. Plutôt que de lire le nom de chaque note et de ne pas progresser.

Si vous êtes un pianiste plus expérimenté

Dans ce cas-là, outre les éléments mentionnés plus haut, d’autres particularités de votre partition doivent vous intéresser :

  • La tonalité du morceau (do majeur, ré mineur…)
  • Les indications de phrasé : vous pouvez rentrer dans le détail et analyser la construction des phrases musicales ainsi que leur imbrication
  • Les éventuels modulations, c’est-à-dire les changements de tonalité
  • Les différentes parties de la partition : le thème principal, les variations… et la logique musicale qui en découle
  • Le chant principal et ses différentes reprises
  • Les accords présents dans chaque mesure
  • Les indications d’interprétation et de vitesse, souvent écrites en toutes lettres
  • Les éventuelles reprises à faire

La liste pour les pianistes aguerris n’est bien sûr pas exhaustive, cela dépendra de votre niveau et de la partition que vous souhaitez déchiffrer.

3e étape : choisissez vos doigtés

Choix des doigtés

Une fois les notes déchiffrées sans se soucier des doigtés puis la partition analysée et annotée plus en détail, remettez-vous au piano et rejouez votre morceau en prêtant cette fois-ci une attention particulière aux doigtés.

Si vous êtes débutant, jouez chaque main séparément, sinon à deux mains tout de suite.

Arrêtez-vous dès qu’un doigté ne vous semble pas pratique ou académique. Reprenez le passage en question, analysez sa logique et testez plusieurs possibilités de doigtés.

Notez ensuite les doigtés choisis et poursuivez le jeu de la partition au piano.

Procédez de même pour toute la partition.

accès manuel doigtés piano
Et voilà, vous avez désormais les clefs pour bien démarrer le déchiffrage d’une nouvelle partition 🙂 ! Après ce travail plutôt théorique, vous pouvez vous lancer dans le travail de cette partition avec une partie beaucoup plus pratique.

Une question ? Une suggestion ? N'hésitez pas à m'en faire part (votre adresse e-mail ne sera pas visible)

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