Gamme et tonalité : la couleur musicale d’un morceau

Les gammes et tonalités ont un lien étroit en musique et un rôle très important pour une partition donnée.

En effet, chaque morceau est associé à une gamme donnée et donc à la tonalité correspondante.

partition gamme

Mais alors, comment définir précisément une gamme et une tonalité, quelles différences existe-il entre elles et que représentent-elles exactement pour une partition ?

1. Les gammes en musique : définition

La gamme : suite de sons conjoints

Une gamme est une série de 8 notes conjointes :

  • 7 notes de noms différentes
  • Et une 8e note qui est la même que la première mais une octave plus aiguë.
gamme de do majeur
Gamme de do majeur

On associe toujours une gamme principale à une partition, c’est ce qui qualifiera le mieux la « couleur musicale » du morceau : do majeur, ré mineur, mi♭ majeur…

Les degrés : rôle des notes dans une gamme

Les degrés définissent le rôle de chaque note composant une gamme. On les écrit en chiffres romains et on leur associe toujours le même nom, quelle que soit la gamme en question :

  • Ier degré : la tonique
  • IIe degré : la sus-tonique
  • IIIe degré : la médiante
  • IVe degré : la sous-dominante
  • Ve degré : la dominante
  • VIe degré : la sus-dominante
  • VIIe degré : la note sensible, qui tend toujours à se rapprocher de la tonique qui revient (le VIIIe degré) avec toujours un intervalle d’un demi-ton
  • VIIIe/Ier degré : la tonique à nouveau.

Vous remarquerez peut-être que la tonique et la dominante sont surreprésentées dans la terminologie : tonique/sus-tonique, sous-dominante/dominante/sus-dominante. C’est parce que le Ier et le Ve degrés sont les plus importants dans une gamme.

La présence de ces degrés au sein d’un morceau et leur enchaînement créent des mouvements musicaux très spécifiques :

  • Conclusifs lorsqu’une phrase musicale se termine par l’enchaînement dominante-tonique
  • Suspensifs lorsqu’une phrase musicale se termine sur la dominante
  • Etc.

On appelle ces enchaînements des cadences musicales mais leur étude constitue un savoir à part entière que je vous épargne ici ;).

2. La tonalité : corollaire de la gamme

Nous avons vu plus haut qu’une gamme est une série de 8 notes conjointes qui possède une couleur musicale propre et que l’on associe à une partition donnée (pas au hasard, nous verrons cela plus bas).

Définition de la tonalité en musique

Cette couleur musicale sonore symbolisée par une gamme donnée s’appelle tonalité. La gamme associée à un morceau donné lui confère donc sa tonalité : le morceau peut être en fa# mineur, sol majeur…

Contrairement à la gamme, la tonalité n’est pas une suite de sons conjoints mais simplement un assemblage de ces différents sons dans n’importe quel ordre.

À noter également qu’à chaque tonalité majeure (mode majeur = joyeux, ouvert, lumineux), correspond une tonalité relative mineure (mode mineur = triste, renfermé, assombri).

L’armure d’une partition : indice pour déduire la tonalité

Comme je vous le disais plus haut, nous n’associons pas arbitrairement une tonalité à un morceau, tout est très logique et mathématique en musique.

Et pour trouver la tonalité associée à une partition, il faut considérer l’armure : ce sont les dièses ou bémols indiqués au début de chaque portée, juste à droite des clefs de sol et de fa et juste avant le chiffrage de la mesure du morceau.

armure Sonate BEETHOVEN
Armure composée de 4 dièses : fa#-do#-sol#-ré#

En fonction du nombre de dièses ou de bémols à l’armure (ou de l’absence de dièse ou bémol), vous pouvez déduire la tonalité du morceau.

Dans cette tonalité, toutes les notes mentionnées comme dièses ou bémols à l’armure le seront, peu importa leur hauteur et sauf mention contraire, tout au long de la partition.

L’étude de l’armure d’une partition étant très complexe, je vous propose un module dédié pour ceux qui souhaiteraient approfondir cette notion.

3. Gammes/tonalités relatives majeures et mineures

Définition des gammes/tonalités relatives

Une petite mise au point est importante avant de se lancer dans la recherche de nos tonalités. Chaque tonalité/gamme en mode majeur (c’est-à-dire joyeux, ouvert, lumineux) a une tonalité/gamme correspondante en mode mineur (c’est-à-dire mélancolique, fermé, sombre).

Ces deux gammes, l’une majeure et l’autre mineure, sont dites relatives l’une de l’autre et partagent la même armure.

Différencier deux gammes/tonalités relatives

Ce qui va changer entre ces deux tonalités, ce sera l’agencement des degrés de la gamme au fil des mesures et donc la sonorité tout entière du morceau. Je vous assure qu’il est très différent à l’oreille de jouer :

  • Do-mi-sol-do : cadence de la tonalité do majeur
  • La-do-mi-la : cadence de la tonalité relative la mineur.

Pourtant, ces deux cadences ont la même armure, c’est-à-dire sans dièse ni bémol !

Pour vous aider à différencier deux gammes relatives, l’une majeure, l’autre mineure, voici quelques astuces :

  • Regardez les premières notes du morceau en clef de sol et en clef de fa : si vous commencez par do, il y a de fortes chances que vous soyez en do majeur ; si vous commencez par un la, ce sera plutôt du la mineur
  • Analysez les dernières notes du morceaux : de la même manière, terminer par un do correspond à do majeur, terminer par un la à la mineur
  • Identifiez la note sensible de la gamme relative mineure (c’est-à-dire le VIIe degré de la gamme) : si elle est rehaussée d’un demi-ton régulièrement dans le morceau, il y a fort à parier que votre morceau est dans la tonalité mineure.

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4 commentaires sur « Gamme et tonalité : la couleur musicale d’un morceau »

    1. Exactement Lorenzo 🙏 ! Les degrés d’une gamme ont deux intérêts majeurs (sans jeu de mots 😉) :
      – Ils vous permettent, pour une tonalité donnée, de créer ce que l’on appelle des « cadences » (= enchaînements de notes) qui sonnent bien en fonction de ce que vous souhaitez dire dans votre composition musicale. Par exemple, la cadence dite « parfaite » qui est l’enchaînement du 5e degré et du 1er degré et qui donne un sentiment conclusif (par exemple, pour un morceau composé en do majeur, en jouant un sol puis un do).
      – Autre intérêt : chaque degré d’une tonalité/gamme va vous permettre de constituer des accords (j’ai fait un article sur le sujet si besoin). Pour se lancer dans la composition/l’improvisation, vous pouvez enchaîner ces accords dans différents ordres, notamment la combinaison 1, 4, 5 et 6 (dans plusieurs ordres) qui fonctionne à coup sûr 😀 ! Chaque accord formé sur chaque degré de la tonalité de départ vous permet par ailleurs de vous échapper de la tonalité initiale (on dit « moduler ») : par exemple, toujours pour un morceau composé en do majeur, l’accord formé à partir du 5e degré, sol-si-ré, vous ouvre la porte vers la tonalité sol majeur (sol-si-ré = accord parfait à l’état fondamental de la tonalité sol majeur). Ou bien l’accord formé sur le 2e degré, ré-fa-la, vous amène vers la tonalité ré mineur etc.
      J’espère que tout cela vous aidera dans votre projet de composition 😀 !

  1. Bonjour 
    Merci pour ces éclaircissements. Pouvez-vous m’aider à mieux comprendre la dernière punaise ?
    « Identifiez la note sensible de la gamme relative mineure (c’est-à-dire le VIIe degré de la gamme) : si elle est rehaussée d’un demi-ton régulièrement dans le morceau, il y a fort à parier que votre morceau est dans la tonalité mineure. »

    1. Bonjour Christian,
      Voici quelques éclaircissements, j’espère que cela sera plus clair 🙂.
      1/ Le VIIe ton (= la note sensible) d’une gamme/tonalité est toujours un demi-ton en dessous de la tonique. Par exemple :
      – Dans la gamme de do majeur, le VIIe ton est le si et il y a un demi-ton entre le si (VIIe ton = note sensible) et le do (= tonique)
      – Dans la gamme de ré majeur, le VIIe ton est le do# et il y a un demi-ton entre le do# (VIIe ton = note sensible) et le ré (= tonique).
      2/ Une gamme/tonalité majeure et sa gamme/tonalité relative mineure ont toujours la même armure (c’est-à-dire le même nombre de dièses ou de bémols indiqués au début de chaque portée du morceau). Par exemple :
      – Les gammes/tonalités do majeur et la mineur ont une armure vierge (aucun dièse ni bémol indiqué au début de chaque portée)
      – Les gammes/tonalités ré majeur et si mineur ont deux dièses à l’armure (fa# et do#).
      3/ En fonction de l’armure d’une partition, pour distinguer si la tonalité est la gamme majeure ou sa relative mineure, il faut identifier la note sensible (= VIIe ton) de la gamme/tonalité mineure. Par exemple :
      – Si l’armure est vierge, la gamme/tonalité du morceau peut être do majeur ou la mineur.
      La note sensible de la gamme/tonalité do majeur est le si donc cette information ne peut pas nous permettre de trancher.
      La note sensible de la gamme/tonalité la mineur est le sol# (1 demi-ton en dessous du la), qui n’est pas à l’armure.
      => S’il y a des sol# dans plusieurs mesures du morceau, cela nous donne un indice qui fait pencher la balance en faveur de la mineur.
      – Si l’armure comporte deux dièses (fa# et do#), la gamme/tonalité du morceau peut être ré majeur ou si mineur.
      La note sensible de la gamme/tonalité ré majeur est le do# donc cette information ne nous permet pas de trancher puisque le do# est à l’armure.
      La note sensible de la gamme/tonalité si mineur est le la# (1 demi-ton en dessous du si), qui n’est pas à l’armure.
      => S’il y a des la# dans plusieurs mesures du morceau, cela nous donne un indice qui fait pencher la balance en faveur de si mineur.
      J’espère que cela pourra vous aider. N’hésitez pas si vous souhaitez plus de précisions 🙂.
      Bonne journée,
      Sarah

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