Maintenant que vous avez compris les principes fondamentaux de la lecture de notes et que vous savez déchiffrer les notes en dehors des portées, nous pouvons aller plus dans le détail.
Nous n’avons pour l’instant considéré que les touches blanches du clavier. Une question simple se pose donc : à quoi correspondent les touches noires ?
Elles ne sont pas là uniquement pour décorer, je vous rassure ;). Ces touches noires servent à jouer des notes altérées d’un dièse ou d’un bémol.

Je parle chinois pour vous ? Suivez le guide ⇓ !
Dièse et bémol : définition
Modification de la hauteur du son
Le dièse et le bémol constitue pour une note ce qu’on appelle une altération. La note de base, jouée sur la touche blanche, est altérée d’un dièse ou d’un bémol.
Cette altération de la note initiale modifie la hauteur du son (plus aigu/haut/à droite du clavier ou plus grave/bas/à gauche du clavier) :
- Une note altérée d’un dièse est plus aigüe d’un demi-ton
- Une note altérée d’un bémol est plus grave d’un demi-ton.
Trouver les dièses et bémols sur la partition
Les dièses et bémols se retrouvent sur une partition grâce aux symboles suivants (ils s’écrivent juste à gauche de la note qu’ils affectent) :
![]()
![]()
On peut les trouver à deux endroits d’une partition.
Au sein d’une mesure
Ils affectent dans ce cas toutes les notes de même nom et de même hauteur (par exemple, tous les do centraux). Et ils ne sont valables que dans la mesure concernée.
On parle ici d’altération accidentelle puisqu’elle n’apparaît que ponctuellement dans une mesure donnée. Si l’altération se poursuit dans la mesure suivante, il faudra donc réécrire le symbole dièse ou bémol à gauche de la note correspondante.

À l’armure
Les dièses ou bémols sont dans ce cas indiqués juste après les clefs de fa et de sol sur chaque portée.
Ils ne sont alors pas indiqués dans chaque mesure et toutes les notes de même nom, peu importe leur hauteur, sont concernées. On parle d’altération à la clef.


Comment jouer une note dièse ou bémol sur le clavier ?
Je vous conseille de prendre le temps de bien comprendre la signification des dièses et bémols avant de vous lancer dans la pratique ci-dessous.
Les dièses
Une fois que vous avez compris la théorie, la pratique va être relativement aisée. Les dièses se trouvent sur les touches noires immédiatement à droite de la note concernée.
Prenons le ré en exemple : le ré « normal » est la touche blanche que vous connaissez. Le ré dièse est la touche noire immédiatement à droite du ré « normal », c’est-à-dire un demi-ton plus haut/aigu.

Les bémols
De la même manière, le bémol est la touche noire immédiatement à gauche de la touche blanche concernée par l’altération, c’est-à-dire un demi-ton plus bas/grave.

Pour bien comprendre le fonctionnement, le plus simple est de déchiffrer sur la partition la note sans l’altération (par exemple ré), puis d’aller sur la touche noire immédiatement à droite si la note est dièse, ou sur la touche noire immédiatement à gauche si la note est bémol.
Correspondance entre dièses et bémols
Peut-être aurez-vous remarqué l’une des particularités des touches noires du clavier. Comme elles sont entre deux touches blanches, elles sont à la fois immédiatement à droite d’une touche blanche et à gauche d’une autre touche blanche.
Pourquoi ? Parce qu’une même touche noire est à la fois :
- Le dièse de la touche blanche à sa gauche
- Le bémol de la touche blanche à sa droite.

Ainsi :
- Do# = ré♭
- Ré# = mi♭
- Fa# = sol♭
- Sol# = la♭
- La# = si♭.

On dit que ces notes sont enharmoniques l’une de l’autre, c’est-à-dire qu’elles représentent le même son sans avoir le même nom.
Dièse et bémol : les exceptions
Si vous avez bien suivi ce qui précède, vous avez certainement remarqué un « oubli » : le mi#, le si#, le do♭ et le fa♭.
Ces quatre altérations sont des exceptions puisqu’elles ne correspondent pas à une touche noire sur le clavier. Pour comprendre, il suffit de regarder attentivement les touches de votre piano :
- Il n’y a pas de touche noire entre les si et les do
- Pas non plus entre les mi et les fa.
La logique par contre reste inchangée :
- Le dièse est la touche immédiatement à droite de la note « normale », c’est-à-dire un demi-ton plus haut/aigu
- Le bémol est la touche immédiatement à gauche de la note « normale », c’est-à-dire un demi-ton plus bas/grave.
En suivant les principes ci-dessus, la conclusion est donc la suivante :
- Mi# = fa « normal » (touche immédiatement à droite du mi)
- Si# = do « normal » (touche immédiatement à droite du si)
- Do♭ = si « normal » (touche immédiatement à gauche du do)
- Fa♭ = mi « normal » (touche immédiatement à gauche du fa).

Le bécarre : symbole qui annule tout
Et le bécarre dans tout cela ? Il est mentionné dans le titre de cet article et nous n’en avons toujours pas parlé !
Le bécarre est beaucoup plus simple à comprendre que ses cousins dièse et bémol puisqu’il les annule :
- Une note précédée d’un bécarre redevient « normale » et n’est donc plus à jouer en dièse ou en bémol
- Tout comme le dièse et le bémol, le bécarre n’est valable qu’au sein de la mesure où il apparaît et concerne les notes de même nom et de même hauteur dans la mesure concernée
- Afin de faciliter la lecture des partitions, le symbole bécarre apparaît souvent au début d’une mesure lorsque la première note de cette mesure était altérée dans la précédente


