J’adore ce morceau ! Mais qu’est-ce que c’est déjà ?
À qui cela n’est-t-il jamais arrivé ? Pourquoi d’ailleurs les applications et autres assistants vocaux ont-ils tant de succès à votre avis 😉 ? Entre autres pour nous aider à (re)trouver le titre de ces morceaux que l’on fredonne aisément mais dont on est incapable de citer le compositeur ou le nom !

Comme je suis la première à être obnubilée par ce problème de mémoire (même si souvent, on n’a jamais vraiment su ce qu’était ce morceau ;)) et à chantonner un même air jusqu’à ce que je trouve son origine, j’ai décidé de vous délivrer au fur et à mesure mes (re)découvertes de musiques.
Dans cette partie, je vous propose des titres plutôt actuels, c’est-à-dire qui datent d’après le XIXe siècle. Un autre article est consacré aux musiques baroques et classiques.
Certaines viennent de loin et sont assez peu connues du commun des mortels, d’autres vont paraîtront évidentes (« Comment, elle ne se souvenait pas de ça ? »). En tout cas, n’hésitez pas à me faire part de vos musiques obsessionnelles, que vous en ayez retrouvé le titre et le compositeur… ou non !
Heart and Soul de Hoagy Carmichael
C’est l’un des petits morceaux bien connus des pianistes. On le joue souvent au début de l’apprentissage, comme petite musique de détente et pour découvrir le clavier et jouer en duo (un pianiste joue la musique de fond en boucle, l’autre le chant).
Hoagy Carmichael est un musicien américain, né en 1899 et mort en 1981, qui a également été acteur à ses heures. Méconnu du grand public français, on lui doit pourtant de nombreux standards de la musique populaire américaine, comme par exemple la chanson Georgia On My Mind (eh oui, la version de Ray Charles est une reprise !), Lazy River (on connaît mieux la reprise de Louis Armstrong) ou encore Rockin’ Chair.
S’inspirant de la musique jazz et blues, Hoagy Carmichael a créé une musique à la confluence de plusieurs styles mais a été dépassé rapidement par l’ascension du rock and roll dans les années 1950. Toutes ses créations à partir de cette époque n’eurent que peu d’audience.
Prélude en do mineur de Frédéric Chopin
Ce Prélude du génial Chopin ne vous dira peut-être pas grand-chose la première fois, mais prenez le temps quand même de l’écouter avec attention, en fermant les yeux de préférence pour que votre cerveau puisse mieux se concentrer sur la musique.
Ça y est, ça commence à vous rappeler quelque chose ? Et aussi à vous agacer de ne pas trouver de quoi il s’agit 😉 ? Alors, je vais vous le donner dans le mille ! Vous avez entendu cette musique dans les morceaux suivants :
- Could It Be Magic de Barry Manilow en 1973 (repris entre autres par Donna Summer ou encore le boys band Take That)
- Le Temps Qui Court, reprise en français du morceau de Barry Manilow par Alain Chamfort en 1975
- Le Temps Qui Court, reprise de la version française d’Alain Chamfort par le boys band des années 1990 Alliage.
C’est une musique qui a été reprise de nombreuses fois et, en fonction de votre âge, l’une des versions vous apparaîtra comme la référence (ou du moins comme celle qui vous a fait connaître ce morceau ;)) !
Peer Gynt d’Edvard Grieg
Ce nom fera peut-être écho à certains souvenirs, sans que vous sachiez vraiment d’où cela vient. Edvard Grieg est un compositeur norvégien à la charnière des XVIIIe et XIXe siècles qui a écrit la musique pour accompagner le drame Peer Gynt de l’auteur Henrik Ibsen.
Si à ce stade, cela ne vous dit toujours rien, ne vous inquiétez pas, cela va venir ! De cet opéra hybride sont nées deux musiques plus que célèbres dans le monde entier et reprises maintes fois, notamment dans des publicités.
Au Matin
Cette musique très connue est utilisée dans de nombreuses publicités mais également au cinéma. Pas plus tard que cet après-midi, je la retrouvais dans un grand classique… Soleil Vert ! Lorsque Sol se rend au foyer pour mourir paisiblement, c’est la musique qui est passée pour le détendre (allez directement à 5:52 de la vidéo).
Et les exemples ne manquent pas, si vous tendez bien l’oreille, vous la retrouverez partout !
Dans l’antre du Roi de la Montagne
Une autre musique très célèbre tirée de Peer Gynt et que l’on retrouve dans moult publicités. Cet air est généralement utilisé pour une montée en puissance, une accélération (du discours narratif, de l’intrigue…).
Il commence en effet très doucement et plutôt lentement pour accélérer progressivement et aller crescendo jusqu’à un tempo impressionnant et oppressant !
Aquarium de Saint-Saëns
Le titre n’évoquera peut-être rien à première vue mais le nom de son compositeur vous fera certainement vous écrier : « C’est le Carnaval des Animaux » ! Et vous aurez raison.
Cette œuvre musicale à la rencontre de plusieurs univers (opéra, théâtre, musique…) est la plus célèbre de Camille Saint-Saëns, né en 1835 et mort en 1921. Elle a au départ été composée comme une boutade, une « blague » musicale à l’occasion d’un concert de Mardi gras.
Saint-Saëns y tourne en effet en dérision certains styles musicaux de ses contemporains, comme les opérettes d’Offenbach ou les opéras de style italien très à la mode à cette époque en France (Le Barbier de Séville de Rossini notamment).
Mais il a également beaucoup d’auto-dérision et n’hésite pas à se moquer de lui-même en parodiant sa Danse Macabre dans le 12e mouvement, Fossiles.
Le Carnaval des Animaux est truffé de références musicales et fait l’objet de nombreux études musicologiques. Plusieurs de ses mouvements sont très connus, notamment celui qui nous intéresse présentement : Aquarium.
On connaît par cœur cette musique ondoyante et ondulante, très utilisée dans les publicités mais également au cinéma. Désormais, vous pourrez dire en l’entendant : « Je sais ce que c’est ! »
Le Clair de Lune de Debussy
S’il est un air que l’on connaît bien mais dont on ne sait pas donner le titre, c’est bien le Clair de Lune (pour ma part, c’est l’un de ceux que je peux reconnaître entre mille, le jouant au piano toujours avec un immense plaisir).
Déjà, parce qu’il n’est pas si facile à reconnaître à l’oreille : de nombreuses sonorités et accords se mélangent, oscillant entre les modes majeur et mineur, entre différentes ambiances et mouvements musicaux.
On croit donc parfois le reconnaître mais il n’en est rien !
Cela étant, une fois qu’on l’a reconnu à l’oreille (« Ah oui, je connais ce morceau ! »), il n’est pas simple de dire ce que c’est. Et pourtant, il est l’un des plus utilisés, que ce soit dans les publicités, au cinéma ou à la télévision.
Pas plus tard qu’il y a quelques jours, je l’ai entendu dans le 2e saison de Why Women Kill sur M6 : il s’agit de la musique que lance Bertram Fillcot pour détendre les animaux (et les humains !) avant de les « aider » à mourir. L’aviez-vous aussi reconnue 😉 ?
Ce qui est sûr, c’est que le monde entier nous envie cette composition bien française issue de la Suite Bergamasque, de notre cher et génial Claude Debussy.
La Danse Hongroise n° 5 de Brahms
Cette musique bien connue a été utilisée (et l’est d’ailleurs toujours) dans de nombreux films et publicités. Vous aurez par exemple peut-être reconnu la musique des concerts de fin des films Le grand blond avec une chaussure noire et Le retour du grand blond avec une chaussure noire ;).
Johannes Brahms compose ses 21 danses hongroises entre 1867 et 1880, d’abord pour le piano à quatre mains, en s’inspirant de la musique traditionnelle et des danses folkloriques hongroises. Ce n’est que par la suite qu’elles seront arrangées en versions orchestrales, par Brahms lui-même pour certaines d’entre elles.
La Marche de Radetzky de Johann Strauss père
C’est un morceau connu mondialement, notamment pour clôturer le concert du Nouvel An de l’Orchestre Philharmonique de Vienne. Il a été composé par Johann Strauss père en hommage au maréchal autrichien Radetzky.
Cet air se veut donc conquérant et représentatif de la rythmique des pas des soldats partant au combat.
Il est très utilisé au cinéma et dans les publicités, comme celle de Maisons du Monde en 2014. Cette musique est souvent associée dans ce cas-là à une forme de folie et/ou de libération qui croît jusqu’à prendre le dessus ! C’est très lié au rythme de ce morceau et à l’accélération progressive du tempo et de la puissance à chaque répétition du passage bien connu.
Trio pour piano et cordes n° 2 de Schubert
C’est en fait l’Andante con moto qui est très connu. Vous avez forcément déjà entendu cet air ni vraiment lent, ni vraiment rapide, envoûtant et presque hypnotique. Ce trio pour piano et cordes (opus 100, D. 929), composé fin 1827 par un Schubert mourant (il décèdera en 1828), a été écrit en mi bémol majeur pour le trio piano, violon et violoncelle. Il est constitué de quatre mouvements dont le deuxième, l’Andante con moto composé dans la tonalité relative do mineur, est indiscutablement le plus célèbre.
Je vous conseille d’ailleurs l’enregistrement de l’interprétation magnifique en 1969 des musiciens Eugene Istomin au piano, Isaac Stern au violon et Leonard Rose au violoncelle.
Cette musique a été fortement utilisée dans les publicités, au cinéma. Et même dans le générique de Parole inattendue, l’interview en voiture d’une personnalité (politique, artistique…), à propos de sa spiritualité.
Et vous, quels sont les morceaux que vous entendez partout 😉 ?
