Vous vous souvenez du film Drive de Nicolas Winding Refn, sorti en 2011 ? Vous avez envie de frimer comme Ryan Gosling avec son blouson démodé (à l’époque) ? Rien de plus simple, je vais vous apprendre à jouer au piano le morceau emblématique du film, l’entêtant Nightcall de Kavinsky.

Avec ses sonorités électroniques underground semblant tout droit sorties des années 1980, Nightcall fascine par la répétition en boucle du même accompagnement… pendant plus de 4 minutes ! Quelques paroles chantées viennent équilibrer ce radotage (elles-mêmes assez limitées et très répétitives), pourtant ce morceau fascine depuis 10 ans ! Je m’appuierai pour la partition sur la version de chakktheripper sur Musescore.
Les accords dans Nightcall
Comme je le disais en introduction, il n’y a que très peu d’accords différents dans l’accompagnement de Nightcall. Je vous propose de les analyser un par un.
Accords des couplets
Chaque couplet (parties avec la voix masculine électronique) est composé de quatre accords différents correspondant chacun à une gamme (soit quatre gammes distinctes au total). Ces accords sont joués de manière arpégée, c’est-à-dire note à note. Pour identifier ces accords et donc les gammes, il suffit de répertorier dans chaque mesure les différentes notes et de chercher à quelle gamme elles correspondent :
- Le premier accord, dans la première mesure, est composé des notes la, do et mi. Il s’agit donc de l’accord à l’état fondamental de la mineur
- Dans la deuxième mesure, nous trouvons les notes sol, si et ré, qui forment l’accord à l’état fondamental de sol majeur
- La troisième mesure nous donne les notes fa, la et do et donc l’accord à l’état fondamental de fa majeur
- Enfin, l’accord de la quatrième mesure, composé des notes ré, fa et la, correspond à la tonalité de ré mineur.
Vous remarquerez l’alternance des accords mineurs et majeurs :
- Un accord mineur
- Deux accords majeurs
- Un accord mineur.
C’est ce qui crée tout le mystère harmonique de ce morceau. On oscille entre des sonorités ouvertes et joyeuses et d’autres fermées et mélancoliques. Ce qui brouille les pistes pour l’auditeur et engendre ce trouble assez particulier que l’on peut ressentir en écoutant Nightcall.
À noter également que l’ordre des accords utilisés a son importance. Le fait que Kavinsky débute et clôture l’enchaînement des quatre mesures par du mineur n’est pas anodin : le mode mineur prend indirectement le dessus, comme si le mode majeur n’était qu’une transition ou un espoir déçu. C’est ce qui constitue la magie de la musique ! Si l’on récapitule, nous aurons donc pendant les quatre premières lignes du morceau, les accords correspondant aux gammes suivantes :
- La mineur
- Sol majeur
- Fa majeur
- Ré mineur.

Nightcall
Accords des refrains
C’est le même principe dans les refrains que dans les couplets de Nightcall : un enchaînement de quatre gammes réparties en quatre mesures, soit une gamme par mesure. Et cette nouvelle combinaison démarre à la mesure 17 (dernière ligne de la première page). De la même manière que pour les couplets, il va nous falloir identifier, au sein de chaque mesure, les différentes notes présentes, et les associer à leur gamme correspondante :
- Dans la mesure 17, nous repérons les notes fa, la et do, qui constituent l’accord à l’état fondamental de la gamme de fa majeur
- Les notes de la mesure 18 – sol, si et ré – nous renvoient à la gamme de sol majeur
- La mesure 19 est composée des notes mi, sol et si, ce qui correspond à la tonalité de mi mineur (tonalité relative de sol majeur)
- Enfin, nous trouvons dans la mesure 20, les notes fa, la et do qui constituent l’accord à l’état fondamental de la gamme de fa majeur.
Là encore, il s’agit d’un mélange de gammes mineure et majeures, ce qui maintient le trouble quant à l’ambiance générale de la partition. Cela étant, la prédominance du majeur ouvre un peu plus le son dans le refrain et donne une teinte un peu plus joyeuse et optimiste :
- Fa majeur
- Sol majeur
- Mi mineur
- Fa majeur.

Nightcall
La barre de reprise
Ce symbole au début et à la fin du morceau vous indique que vous devrez jouer toute la partition deux fois d’affilée.

À noter que, comme la reprise doit se faire au tout début du morceau, on ne met généralement pas de barre de reprise au début. On ne la positionne dans ce cas qu’à la fin de la partie que l’on doit répéter. Si vous avez tout compris, vous pouvez passer à la suite 🙂 :
