Mode majeur, mode mineur : quelles différences ?

Avez-vous déjà entendu parler de do majeur ou bien de ré mineur ? Si oui, vous savez peut-être que l’adjectif apposé au nom de note correspond au mode de la tonalité du morceau. Si ces termes ne vous évoquent rien, je vous conseille vivement de regarder d’abord tout ce qui concerne la tonalité d’une partition, son armure et éventuellement les accords.

Note : je vous suggère de visionner ma vidéo sur le sujet, ci-dessous. Celle-ci pourra vous permettre d’assimiler d’autant mieux les différences entre les modes majeur et mineur en musique.

Le mode en musique : majeur ou mineur

Dans la musique moderne, on distingue deux modes : le mode majeur et le mode mineur. Ils sont à la fois totalement opposés et complémentaires. Étrange, non 😉 ?

Définition rapide des modes

Le mode majeur correspond à des sonorités ouvertes, joyeuses, lumineuses. Le mode mineur quant à lui représente tout l’inverse : une atmosphère fermée, triste ou mélancolique, sombre. Cette distinction n’est pas simple à faire mais prenez le temps d’écouter quelques morceaux afin de ressentir les différences auditives :

femme triste piano

Le rôle du mode dans la tonalité d’une partition

En musique, le mode est ce qui caractérise la tonalité d’un morceau, c’est-à-dire l’ambiance musicale générale de ce dernier. Lorsque vous analysez une partition afin d’en trouver la tonalité principale, vous devez donc forcément aboutir à ce qui suit :
la note qui définit la tonalité + le mode qui la caractérise
⇒ Par exemple ré mineur, do# majeur, fa majeur…

Les gammes/tonalités relatives majeures et mineures

Comme nous l’avons vu dans un article dédié, chaque gamme/tonalité majeure possède une gamme/tonalité relative en mode mineur. C’est sur ce point que les modes majeur et mineur sont complémentaires : les gammes relatives partagent la même armure et ont donc de nombreuses similitudes.

Par exemple, les gammes de do majeur et la mineur sont relatives puisqu’elles ont toutes deux une armure vierge. Pour autant, malgré la correspondance de leurs notes, ces deux gammes auront des sonorités différentes grâce à l’agencement de ces notes au sein du morceau. En effet, si vous jouez do-mi-sol puis la-do-mi, vous entendrez une grande différence de couleur musicale.

La complémentarité des gammes relatives se voient par ailleurs dans le fait qu’elles sont également définies comme des « tons voisins ». Autrement dit, comme des tonalités qui n’ont pas plus d’une altération de différence à l’armure (c’est-à-dire un dièse ou un bémol en plus ou en moins). C’est généralement entre tons voisins que se font les modulations au sein des partitions, c’est ce qui est le plus simple et le plus agréable à écouter.

Majeur ou mineur : distinguer les modes

Une fois que vous avez compris dans les grandes lignes ce que représentent les deux modes majeur et mineur, nous pouvons passer à l’étape suivante, à savoir les différencier.

Différencier les modes à l’oreille

Comme nous le voyions plus haut, un rapide entraînement vous permettra de distinguer à la simple écoute le mode majeur du mode mineur :

  • Les morceaux dont la tonalité principale est en mode majeur ont des sonorités joyeuses et ouvertes
  • Les morceaux dont la tonalité principale est en mode mineur ont une ambiance musicale plus mélancolique et fermée.

femme joyeuse piano
Si vous souhaitez exercer votre oreille, je vous conseille d’écouter régulièrement des morceaux dont la tonalité est clairement identifiée dans son titre (par exemple le Requiem en ré mineur de Mozart).
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Majeur/mineur : comment les différencier sur la partition

Cela dit, une simple écoute ne permet pas toujours de trouver le mode d’un morceau. Il ne faut donc pas faire l’impasse sur des techniques plus théoriques ;). De plus, vous serez ensuite capable de repérer d’un seul coup d’œil la tonalité (donc le mode) dans laquelle a été composée une musique.

Analyser l’agencement des notes

C’est une technique somme toute plutôt simple et qui donne de très bons résultats :

  • Observez le début et la fin de votre partition
    Si dans les premières et/ou dernières notes, mains gauche et droite confondues, vous trouvez la note qui définit la tonalité majeure envisagée (l’idéal étant de pouvoir reconnaître les notes d’un accord parfait), la partition a très probablement été composée dans cette tonalité.
    Si, à l’inverse, vous trouvez la note qui définit la tonalité relative mineure envisagée, votre partition a certainement été composée dans cette dernière.

    Prenons l’exemple d’une partition avec deux dièses à l’armure (fa#-do#)

    • La tonalité majeure de ce morceau serait ré majeur
    • Les deux options sont donc : ré majeur et sa relative si mineur
    • Pour savoir si vous êtes en ré majeur ou en si mineur, regardez les premières et dernières notes du morceau :
      • Vous y trouvez un ou plusieurs ré, accompagné(s) éventuellement de fa# et de la (ré-fa#-la étant l’accord parfait de la gamme de ré majeur)
        ⇒ La tonalité principale de votre partition est probablement ré majeur.
      • Vous y trouvez un ou plusieurs si, accompagné(s) éventuellement de ré et de fa# (si-ré-fa# étant l’accord parfait de la gamme de si mineur)
        ⇒ La tonalité principale de votre partition est probablement si mineur.
  • Pour aller plus loin, identifiez les accords de chaque mesure : chaque mesure d’une partition est composée d’une ou plusieurs ambiances mélodiques correspondant à une gamme donnée. Chaque ambiance peut être résumée par son accord parfait et cela permet de dégager la ligne mélodique du morceau.
  • Pour aller encore plus loin, vous pouvez ensuite analyser la ligne mélodique de la partition : l’enchaînement des accords identifiés, les cadences musicales qui se dégagent, les occurrences de la tonique etc.

En fonction de votre niveau théorique, ces trois techniques combinées vous donneront de précieux indices.

Rechercher la note sensible de la tonalité mineure

On appelle note sensible le VIIe ton d’une gamme, celui qui se trouve juste avant le dernier ton (le retour de la tonique). Par exemple, dans la gamme de do majeur ci-dessous, la note sensible est l’avant-dernière note, soit le si. Vous pouvez remarquer, et ce n’est pas un hasard, que la note sensible se situe un demi-ton en dessous la tonique. C’est toujours le cas.

gamme de do majeur
Gamme de do majeur

Vous pouvez donc savoir quelle gamme correspond à votre partition grâce à cet écart d’un demi-ton entre la note sensible et la tonique. En effet, pour identifier la bonne tonalité parmi les deux options possibles (la gamme majeure et sa relative mineure), vous devez rechercher la note sensible de la gamme mineure. Car, si la tonalité est la relative mineure, la note sensible correspondante sera altérée afin de respecter l’écart d’un demi-ton par rapport à la tonique. Je prends un exemple ci-dessous afin d’être plus claire ;).

Reprenons l’exemple d’une partition avec deux dièses à l’armure (fa#-do#)

  • Si l’armure de votre partition est composée de deux dièses (fa#-do#), la tonalité majeure serait ré majeur
  • Les deux options pour ce morceau sont donc : ré majeur et sa relative si mineur
  • Pour trouver la tonalité de la partition, vous devez chercher les occurrences du la :
    • Si les la sont altérés d’un dièse (souvent ou tout le temps), le la# est la note sensible de la gamme de si mineur
      ⇒ La tonalité principale de votre partition est donc si mineur
    • Si les la ne sont pas altérés, tout se rapporte alors à la gamme de ré majeur
      ⇒ La tonalité principale de votre partition est donc ré majeur

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