Je vous propose dans cet article d’aller plus loin dans la compréhension de vos partitions et des notes qu’elles contiennent.
Nous avons appris, dans l’article sur les fondamentaux du déchiffrage, à lire les notes en clef de sol et en clef de fa lorsque celles-ci sont dessinées au sein des portées (c’est-à-dire au niveau des 5 lignes horizontales de chaque portée).

Mais qu’en est-il lorsque les notes sont écrites au-dessus ou au-dessous de ces portées ? Même si j’ai évoqué ce sujet dans les fondamentaux, je pense qu’il est important (voire nécessaire au vu des nombreuses questions de mes élèves ;)) d’y dédier une partie complète.
Vous découvrirez donc ici tout ce qu’il faut savoir au sujet de ces notes « isolées » en-deçà et au-delà des lignes des portées afin de les déchiffrer sans vous tromper.
Lignes supplémentaires : Quèsaco ?
C’est certainement la première question qui vous vient à l’esprit et elle est bien entendu légitime. Il est toujours important de commencer par le commencement, c’est-à-dire bien définir de quoi l’on parle.
Principe des portées en musique
Les portées actuelles ont été créées au fil des siècles afin de codifier la lecture des notes de musique. Elles sont composées de 5 lignes horizontales mais ont en réalité vocation à contenir tous les sons présents sur un clavier.
Comment faire alors quand ces 5 lignes ne peuvent représenter que 11 notes sans altération ? Le clavier d’un piano en contient en effet 52 (52 touches blanches, c’est-à-dire sans compter les altérations) !
C’est là qu’interviennent les lignes supplémentaires. Les compositeurs les utilisent pour écrire des notes qui « ne tiennent pas » dans les 5 lignes prédéfinies :
- Soit trop aiguës, c’est-à-dire trop hautes par rapport à la 5e ligne de la portée
- Soit trop graves, c’est-à-dire trop basses par rapport à la 1re ligne de la portée.
Quand mettre des lignes supplémentaires pour dessiner des notes
Concrètement, vous devez faire appel à ces lignes supplémentaires lorsque celles de la portée de base ne suffisent plus.
C’est-à-dire lorsque :
- En clef de sol
- Pour écrire des notes plus graves que le premier ré de la portée de clef de sol
- Lorsque vous allez vers des notes aiguës au-delà du sol collé à la dernière ligne de la portée de clef de sol

- En clef de fa
- Pour écrire des notes plus graves que le premier fa collé à la 1re ligne de la portée en clef de fa
- Lorsque vous allez au-delà du si le plus aigu de la portée en clef de fa

Comment dessiner des lignes de portée supplémentaires
Les lignes de portée supplémentaires sont donc des lignes « invisibles » que l’on dessine uniquement lorsque l’on en a besoin. Par convention, les portées sont composées de 5 lignes mais cela n’a pas toujours été le cas et l’on pourrait imaginer une portée unique à 25 lignes par exemple ! Mais alors, il ne serait pas facile de s’y retrouver…
Chaque fois que les lignes de portée prédéfinies ne suffisent plus à écrire la note voulue, il vous suffit donc de :
- Tracer, en fonction de la note souhaitée, une ou plusieurs lignes de portée supplémentaires au-dessus ou au-dessous de la portée concernée
- Ne faire qu’un petit trait et non une ligne de portée complète. On n’en a besoin que pour une note, pas besoin de polluer tout le reste ;).

Exemples de notes écrites au niveau de lignes de portée supplémentaires
Vous remarquerez que, par convention d’écriture, nous ne dessinons pas la ligne supplémentaire inférieure ou supérieure pour les notes comprises entre deux lignes supplémentaires. Par exemple ci-dessus dans les cas du si en clef de sol et du ré en clef de fa.
Déchiffrer les notes des lignes supplémentaires
Maintenant que vous avez compris le principe d’utilisation de ces lignes de portée supplémentaires ainsi que leur condition d’usage, il est temps de passer à la pratique :).
Comment décrypter ces notes sur la partition
Il n’y a rien de différent avec la lecture de notes classique au sein des portées. C’est simplement plus difficile de compter lorsque les notes sont sur ou entre des lignes supplémentaires.
Je vous conseille dans un premier temps de dessiner au crayon de papier les notes qui séparent celles que vous souhaitez déchiffrer. Vous pourrez ensuite les effacer.
Par exemple, si vous avez les deux notes suivantes à déchiffrer en clef de sol :
Déjà, vous savez (ou devez savoir ;)) que la première de ces deux notes est un sol. C’est la note la plus aiguë de la clef de sol et nous voyons que nous devons aller au-delà de cette note extrême. C’est pourquoi la seconde note est écrite sur des lignes supplémentaires.
Pour déchiffrer cette deuxième note, je vous recommande de dessiner au crayon de papier toutes les notes intermédiaires qui sépare le sol de la note inconnue. Et cela vous donne donc :

Comment trouver ces notes sur le clavier
De la même manière que pour les notes écrites au sein des portées, il faut prendre le temps de déchiffrer les notes des lignes supplémentaires.
Vous pouvez vous les écrire en toutes lettres sur vos partitions le temps de bien les repérer. Attention à ne pas faire de même avec toutes les autres notes, c’est une très mauvaise habitude qui ne vous aidera pas du tout, bien au contraire ;).
Pour bien déchiffrer les notes des lignes supplémentaires, voici comment procéder :
- Si la note est au-dessus de la portée : repérez sur la partition et le clavier la note la plus aiguë que vous connaissiez dans la clef concernée
- Si la note est au-dessous de la portée : repérez sur la partition et le clavier la note la plus grave que vous connaissiez dans la clef concernée
- Comptez ensuite sur la partition le nombre de notes qui séparent votre repère de la note recherchée
- Reportez enfin ce compte sur le clavier et vous trouverez le nom de votre note :).
Lignes supplémentaires entre les clefs de sol et de fa
Dans cette partie, je vous propose d’aller plus loin dans l’analyse des ces lignes de portée supplémentaires. Il n’est pas utile de vous embourber dans ce détail si vous n’êtes pas encore suffisamment à l’aise dans la lecture des notes. Rien ne vous empêchera d’y revenir par la suite :).
Particularité des lignes supplémentaires entre les deux portées
Lorsque les lignes supplémentaires se trouvent entre les deux portées des partitions de piano, leur rôle est un peu particulier.
Nous avons vu dans les fondamentaux du déchiffrage que le do central sépare les deux portées de clefs de sol et de fa. Et que logiquement (logique valable dans 95 % des cas comme je vous le précisais dans cet article) :
- Toutes les notes situées au-dessous de ce do s’écrivent en clef de fa
- Toutes celles situées au-dessus de ce do d’écrivent en clef de sol.

Ce n’est pas vrai à 100 % car les notes de clef de fa peuvent également s’écrire en clef de sol et inversement.
Prenons l’exemple ci-dessous : toutes les notes écrites en clef de sol sont les mêmes que celles écrites en clef de fa. C’est-à-dire qu’il s’agit à chaque fois de la même note sur le clavier. Un peu comme lorsqu’il existe deux orthographes pour un même mot.

Pourquoi écrire des notes de clef de fa en clef de sol et inversement ?
Cette convention d’écriture permet de simplifier la lecture des notes :
- Lorsque votre main droite descend vers les graves, il est plus aisé de continuer à lire les notes dans la portée du haut en clef de sol
- Lorsque votre main gauche monte dans les aigus, il est plus aisé de poursuivre la lecture des notes en clef de fa.
Sinon, le cerveau devrait changer de mode (clef de fa/clef de sol et main gauche/main droite), ce qui n’est pas simple du tout !
Par exemple dans le Prélude de Bach : comment savoir qu’il faut jouer les deux premières notes de chaque mesure avec la main gauche lorsque l’on est novice ?

C’est plus commode à deviner quand les notes de main gauche sont toutes écrites en clef de fa :


