Vous souhaitez vous lancer dans une nouvelle partition de piano ? Ou bien reprendre un ancien morceau et trouver les doigtés parfaits pour améliorer votre technique sur le clavier ?
Que vous soyez pianiste débutant ou plus confirmé, vous trouverez dans cet article les grands principes que l’on apprend dans les conservatoires pour adopter de bons doigtés sur le clavier.
1. Plusieurs doigtés peuvent exister pour un même enchaînement de notes
Les doigtés peuvent être source de débats et de discussions. Chaque personne a une morphologie et une manière de penser particulières. Certains doigtés conviendront donc plus à certaines et moins à d’autres.
Car il y a de nombreux cas où plusieurs doigtés peuvent être possibles, le choix dépendra donc de l’aisance qu’ils procurent au pianiste. Pour vous rendre compte des doigtés qui vous conviennent le mieux, il est important de jouer plusieurs fois la phrase musicale en question (idéalement le morceau en entier) sur plusieurs jours et de bien prêter attention aux doigts qui se positionnent le plus « naturellement » sur les touches concernées.
Si vous hésitez entre deux doigtés académiques pour un passage, ne vous forcez pas à mettre tel ou tel doigt et voyez ce qui vous vient le plus souvent. Au bout de plusieurs essais, vous saurez quels doigtés vous correspondent et vous pourrez les noter officiellement sur votre partition.
Cela étant, il existe des cas où il n’y a qu’une possibilité de doigtés. Dans ce cas, il vous faudra les noter immédiatement. Et vous entraîner à bien les appliquer même si vos doigts sont récalcitrants 😉 !
2. Soyez… fainéant !

Avant de lever votre main du clavier, d’écarter vos doigts à la recherche de la note à venir, ou de tourner vos articulations dans tous les sens, posez-vous les bonnes questions :
- N’ai-je pas un doigt déjà posé sur cette note sans avoir à bouger ma main ?
- N’y a-t-il pas un doigt qui serait plus proche que celui que je suis en train d’acheminer vers la touche ?
- Comment pourrais-je faire pour parcourir le chemin le plus court ?
Un peu comme pour un itinéraire en voiture sur votre GPS, vous devrez donc évaluer :
- La distance à laquelle se trouve la note à venir
- Quel est le chemin le plus court
- Quel est le chemin le plus sûr pour vous.
Prenons un exemple avec la main droite. Pour passer d’un accord do-mi-sol à un accord ré-fa-la, trois options s’offrent à vous :
- 1re option : la plus académique car la main ne bouge pas et seul le pouce change de touche MAIS plus difficile car l’écartement des doigts change
- Doigtés accord do-mi-sol : 1-2-4
- Doigtés accord ré-fa-la : 1-3-5

- 2e option : plus rassurante car la main bouge sans changer l’écartement des doigts MAIS moins académique car toute la main se déplace
- Doigtés accord do-mi-sol : 1-2-4
- Doigtés accord ré-fa-la : 1-2-4

- 3e option : plus rassurante car la main bouge sans changer l’écartement des doigts MAIS moins académique car toute la main se déplace
- Doigtés accord do-mi-sol : 1-3-5
- Doigtés accord ré-fa-la : 1-3-5

Ce sont souvent les extrémités de nos mains (1 et 5) qui se déplacent, tandis que nous essayons de laisser les doigts intermédiaires en place. Cela permet d’éviter de « confondre » ces doigts qui offrent moins de repères et de stabilité.
Pour en savoir plus sur les doigtés des accords, vous pouvez consulter l’article Choisir les doigtés au piano : les mauvaises pratiques.
3. Anticipez les déplacements sur le clavier
Ce qui peut être compliqué lorsque l’on début le piano, c’est de savoir par où commencer, notamment en ce qui concerne les doigtés. Comment le pianiste sait-il par quel doigt il doit attaquer son morceau afin de ne pas se retrouver « coincé » ? « Quel doigt je mets ? » me demandent régulièrement mes apprentis pianistes. L’une des clefs pour réussir est d’anticiper : ayez toujours une longueur d’avance sur la partition par rapport à ce que vous êtes en train de jouer.
Ainsi, si votre morceau commence par un do puis le la au-dessus et que, pendant plusieurs phrases musicales, la note la plus grave est toujours le do, ne mettez pas le 5e doigt sur le do ; choisissez le pouce.
C’est en effet une technique que je peux vous recommander. Par exemple pour la main droite :
- Repérez la note la plus aiguë et/ou la plus grave de la phrase musicale que vous vous apprêtez à jouer
- Essayez, autant que faire se peut, de mettre le pouce sur la plus grave et/ou le 5 sur la plus aiguë.
Je précise « et/ou » car le plus important est de baliser au moins l’une des deux extrémités.
4. Votre main ne doit pas tourner dans tous les sens sur le clavier
Au-delà de la position académique de base sur le clavier, les mains du pianiste doivent essayer de bouger le moins possible pour perdre le moins de temps possible et ménager leurs efforts. En effet, dès que les morceaux seront plus difficiles, plus longs, plus exigeants physiquement (oui, le piano, ça muscle ;)), vous serez bien contents de pouvoir mettre en application l’adage « Qui veut aller loin ménage sa monture ».
Ainsi, nos doigts peuvent passer les uns par-dessus ou par-dessous les autres principalement autour du pouce et du majeur (pour en savoir plus sur ces deux techniques, voir l’article Choisir les doigtés au piano : les bonnes pratiques) :
- Dès que vous arrivez au pouce, vous avez donc le droit de passer votre majeur (dans certains cas votre index ou votre annulaire) par dessus pour aller sur la note d’à côté
- Quand vous êtes sur votre majeur (dans certains cas précis votre annulaire), vous pouvez passer votre pouce en dessous.
5. Testez plusieurs doigtés
Comme vu dans la 2e partie de cet article, il est essentiel d’essayer différents doigtés lorsque plusieurs sont possibles tout en restant « réglementaires ».
Pour ce faire, jouez plusieurs fois votre morceau (ou uniquement la phrase musicale concernée) pendant plusieurs jours. Essayez les différentes options de doigtés et, à terme, forcez-vous à ne pas trop réfléchir aux doigts que vous mettez sur les notes afin de voir ceux qui vous viennent le plus naturellement.
6. Notez vos doigtés sur la partition
Une fois ce test effectué, notez les doigtés retenus sur votre partition. Cette étape est essentielle car elle vous permet de ne pas déchiffrer à nouveau votre partition chaque fois que vous jouez votre morceau. Voyez cela comme un pense-bête, il ne s’agit en aucun cas de tricher comme c’est le cas si vous écrivez les notes en toutes lettres ;).

Cela vous aidera à utiliser de manière systématique les doigtés choisis. Car la prochaine étape est, en effet, de vous appliquer à les utiliser à chaque fois car il est essentiel de mettre toujours les mêmes doigtés au même endroit dans un morceau afin que le cerveau puisse se créer des automatismes et jouer le passage sans que vous ayez conscience à chaque touche du doigt que vous utilisez et de la note que vous jouez.
7. Respectez les doigtés que vous avez notés
Élémentaire me direz-vous… Mais combien de pianistes prennent vraiment le temps de noter leurs doigtés sur la partition et de répéter leur morceau jusqu’à ce que ces derniers deviennent automatiques ? Car, comme vu plus haut, l’enjeu est bien là : il faut créer des automatismes.
Il faut que votre cerveau puisse prendre le relais et piloter l’enchaînement technique du morceau, presque comme un réflexe physique. Ainsi, pendant ce temps, la partie consciente de votre intellect peut s’adonner à l’interprétation de la partition, à la partie émotionnelle et artistique en somme.
Il est aussi primordial d’appliquer les mêmes doigtés pour un même mouvement musical dans un morceau. Par exemple, si vous jouez la partition d’une chanson, pensez bien à utiliser les mêmes doigts pour jouer le refrain chaque fois qu’il se présente.


