La France confinée… en 1832 !

L’arrivée du choléra en France en 1832 surprend une grande partie de la population, qui pensait que le pays en avait fini avec les grandes épidémies – la dernière en date était la peste au début du XVIIIe siècle. Et surtout qu’il était hors de portée de cette maladie née en Asie.

En 1817, une première épidémie de choléra s’arrête aux portes de la Russie. Mais en 1829, une seconde vague arrive jusqu’en Europe occidentale… et en France. En mars 1832, la « peur bleue » s’invite lors du festival de la mi-carême à Paris et commence à décimer la population.

Le choléra, une maladie impressionnante

C’est en mars 1832, lors du festival de la mi-carême que Paris bascule dans l’horreur et découvre cette maladie qui n’avait jusqu’alors jamais passé les frontières de l’Asie. Plusieurs participants du festival sont pris de violents malaises et deviennent bleus avant de succomber peu de temps après – de là l’expression « peur bleue ».

Le nombre de cas et de morts croît à une vitesse inimaginable et tout le monde est dépassé : les hôpitaux, le gouvernement, la population. En un mois, on totalise déjà plus de 12 000 morts.

Cette épidémie impressionnante engendrera de nombreux soulèvements, notamment parmi les classes les plus défavorisées qui en sont les premières victimes en raison de l’insalubrité de leurs logements qui les expose plus facilement à la contamination par les eaux et la saleté.

L’épidémie prend le même chemin que… Frédéric Chopin !

Chopin, pianiste et compositeur franco-polonais né en 1810 à Varsovie, s’installe à Paris à la fin de l’année 1831. Il est passé par Vienne et Munich peu de temps avant mais ne rencontre pas la reconnaissance qu’il recherche dans le milieu artistique et culturel, trouvant notamment que l’on accorde trop d’importance à ses interprétations, sans prêter une attention suffisante à ses compositions.

Chopin
Frédéric Chopin peint par Eugène Delacroix, domaine public, via Wikimedia Commons

Paris est alors le centre musical de l’Europe et Chopin devient rapidement incontournable. Le musicien va à de très nombreux concerts et s’imprègne de la culture et de la musique présentes en abondance à Paris à cette époque.

Il donne son premier concert à Paris début 1832 et c’est une réussite. La salle n’est pas salle comble, certes, et la majorité des spectateurs présents sont des Polonais venus écouter leur gloire nationale, mais la critique est bonne et il commence à acquérir une certaine notoriété.

En venant en France à cette époque, Chopin emprunte ainsi le même chemin que l’épidémie de choléra qui est en train de devenir une véritable pandémie en se propageant depuis l’Asie vers la Pologne, la Hongrie et jusqu’en France.

Les événements publics à l’arrêt

Avec l’arrivée de l’épidémie de choléra en mars 1832, la France est vite dépassée et les événements publics sont, de manière logique, suspendus.

La population se confine d’elle-même à l’intérieur des logements, comme semble en témoigner George Sand dans Histoire de ma vie :

« Le choléra enveloppa les quartiers qui nous entouraient. Il approcha rapidement, il monta, d’étage en étage, la maison que nous habitions. Il y emporta six personnes et s’arrêta à la porte de notre mansarde […]. »

Ainsi, il n’y a plus d’organisation de concerts et Chopin, qui venait de se lancer au début de l’année et avait rencontré un certain succès, se voit dans l’obligation de trouver un autre moyen de gagner sa vie et de partager son amour pour la musique.

Et Frédéric Chopin devient… professeur de piano !

C’est ainsi qu’il devient professeur de piano. Et pas n’importe lequel : il est le plus recherché de toute la capitale. Un nouveau métier qui est loin de le déranger puisqu’il fait partie des rares pianistes virtuoses qui ne raffole pas des représentations en public. Il n’a en effet donné que peu de concerts à Paris et s’est surtout adonné à la composition d’œuvres musicales.

Parmi ses élèves, on peut citer entre autres :

  • Adolf Gutmann, pianiste et compositeur allemand
  • Charlotte de Rothschild, artiste-peintre et membre de la famille bien connue
  • Marie Roubaud de Cournand, pianiste et compositrice française
  • Delfina Potocka, aristocrate polonaise avec qui Chopin développera une relation d’amitié durable.

Chopin, une histoire musicale et humaine à ne pas manquer

Cet épisode de la vie de Frédéric Chopin me paraît intéressant puisqu’il fait bien entendu écho à la pandémie mondiale de Coronavirus, mais aussi car il donne un aperçu du parcours du musicien, passionnant à tout point de vue (culturel, musical, amoureux…).

Ce musicien tout en retenue et en délicatesse, aussi bien humainement que musicalement, sait se faire apprécier et noue de nombreuses relations amicales durables tout au long de sa courte vie (il meurt de la tuberculose en 1849, à seulement 39 ans).

Sa vie et son œuvre, toutes deux riches et passionnantes, auront bien évidemment plusieurs articles à venir sur ce blog 🙂 !

Pour en savoir plus sur cet épisode de la vie de Frédéric Chopin :

Une question ? Une suggestion ? N'hésitez pas à m'en faire part (votre adresse e-mail ne sera pas visible)

En savoir plus sur Cours de piano et solfège à domicile

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture