Dans cet article, je vous propose de passer en revue les mauvaises pratiques de doigtés au piano. Vous trouverez les bonnes pratiques dans l’article Choisir les doigtés au piano : les bonnes pratiques.
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Faire passer un autre doigt que le pouce après le majeur
C’est l’une des erreurs commises le plus souvent par les débutants. Il n’est pas simple en effet de savoir en débutant le piano ce que l’on a le droit de faire et de ne pas faire. Ainsi, faire passer un autre doigt que le pouce après le majeur est à proscrire. Vous vous demandez pourquoi ? C’est bien simple :
- Tout d’abord, parce que cela nécessiterait une gymnastique anatomique de notre main presque impossible ou en tout cas très peu pratique (cela vous forcerait à tourner votre main de manière très alambiquée) ; essayez par vous-même de passer un autre doigt que le pouce sous votre majeur et contactez-moi s’il vous plaît si vous y parvenez 😉
- Ensuite parce que tout simplement notre pouce a plus de souplesse et d’amplitude que tous les autres doigts, alors pourquoi ne pas le faire travailler ?
Alors, certes, lorsque l’on débute et que l’on joue des morceaux encore assez lents et qui n’ont pas encore trop de notes, ce mouvement serait possible anatomiquement – très peu pratique mais possible. Mais avec ensuite des partitions plus fournies, il serait complètement contre-productif.
Vous vous imaginez jouer la 3e partie de la Sonate au Clair de Lune de Beethoven en passant l’index par-dessus votre majeur ? Déjà avec des doigtés académiques, c’est très dur et je sais de quoi je parle ;). Si vous voulez un petit aperçu, voici une vidéo de la pianiste japonaise Atsuko Seta.
Jouer des accords de tierces avec deux doigts consécutifs
Notions basiques de doigtés des accords
Comme vu dans les bonnes pratiques pour choisir les doigtés, il est possible de jouer des accords de deux notes avec le pouce et l’index. En effet, l’amplitude entre ces deux doigts le permet aisément. Par contre, ce qui est à supprimer de vos habitudes de doigtés est de jouer des accords de deux notes avec deux autres doigts consécutifs de votre main, par exemple l’index et le majeur. Sauf, bien entendu, pour des accords de deux notes conjointes, par exemple do-ré ou mi-fa.
C’est une erreur très commune chez les débutants et il faut vraiment se forcer à prendre de bonnes habitudes car cet écart risque de crisper votre main. Et en forçant, vous risqueriez des inflammations, tendinites etc. Mais loin de moi l’idée de vous faire peur, cela reste tout de même marginal.
Cela étant dit, pour jouer des accords, la règle est assez simple :
- Lorsque l’intervalle harmonique entre les deux notes est une seconde (par exemple do-ré ou fa-sol), vous devez utiliser deux doigts consécutifs de votre main, ceux que vous voulez
- Mais à partir de la tierce (do-mi ou fa-la), vous ne pourrez pas utiliser deux doigts consécutifs sauf le duo pouce et index.
Quelques exemples de doigtés pour les accords
Pour des accords de tierce (par exemple do-mi ou fa-la), nous utilisons un doigtés qui permet de laisser un doigt libre entre les deux doigts qui jouent les notes, sauf si nous utilisons le pouce et l’index. Ce qui respecte le principe vu dans les bonnes pratiques de mettre un doigt sur chaque touche sans sauter de touche (par exemple les doigtés 1-2-3-4-5 sur do-ré-mi-fa-sol). Pour les accords de tierce, les doigtés pourront donc être :
- 1-2
- 1-3
- 2-4
- 3-5.
Pour les accords de quarte (par exemple do-fa), c’est le même principe :
- On préfèrera les doigtés 1-4
- Mais 1-2 et 1-3 sont aussi possibles.
Pour les accords de quinte (par exemple do-sol) :
- On préfèrera les doigtés 1-5
- Mais 1-2 et 1-3 et 1-4 sont aussi possibles.
Pour les accords de sixte (par exemple do-la) :
- On préfèrera les doigtés 1-5
- Mais 1-3 et 1-4 sont aussi possibles.
Pour les accords de septième (par exemple do-si) :
- On préfèrera les doigtés 1-5
- Mais 1-4 et éventuellement 1-3 sont aussi possibles.
Pour les accords d’octave (par exemple do-do) :
- Les doigtés 1-5 sont les plus utilisés
- Cela étant, dans certaines circonstances, notamment lorsque l’on veut lier plusieurs accords d’octave à la suite, on doit utiliser alternativement les doigtés 1-4 et 1-5 (voir les doigtés de la 2e page de la main gauche pour « Dance Monkey »).
Sauter pour aller chercher les notes
C’est là encore une erreur très commune chez les débutants. Entre chaque note à jouer, ils lèvent complètement leurs mains du clavier pour réfléchir et prennent ensuite l’habitude de sauter entre chaque note. Donc de ne pas les lier.

Il faut vraiment se forcer à essayer de lier toutes les notes (sauf indication contraire sur la partition bien entendu, comme des notes piquées). Si ce n’est pas possible, ce n’est pas grave de faire un petit saut de temps en temps mais cela doit rester très exceptionnel. Et n’hésitez pas à demander des précisions à votre professeur sur les doigtés académiques afin de bien comprendre comment cela fonctionne.
Bouger la main sans arrêt
Comme vous l’aurez compris après ces deux articles sur les bonnes et les mauvaises pratiques concernant les doigtés, l’objectif principal du pianiste sur le clavier est de bouger ses mains le moins possible. Pas par fainéantise comme j’ai pu le dire en plaisantant, mais pour gagner du temps et de l’énergie.
Donc, encore une fois, avant de bouger vos mains et vos doigts vers la note à jouer, posez-vous les bonnes questions :
- N’ai-je pas un doigt plus proche de cette note ?
- Ou mieux, n’ai-je pas déjà un doigt posé dessus ?
C’est à vous de jouer maintenant 😉 !
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